Alfonso Gomez - Page 5

  • Propos d'aujourd'hui sur le 9 novembre 1932.

    Mon discours devant la pierre commémorative où sont tombées les victimes du 9 novembre 1932.

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  • Les saisonnières et les saisonniers de Suisse : des destins plus que jamais d’actualité.

    Vous êtes toutes et tous invité-e-s au vernissage de l’exposition «Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931–2019», le mardi 29 octobre à 18h au Commun - bâtiment d’art contemporain.

    Cette exposition est l’une des concrétisations de la motion déposée il y a 10 ans par Christian Lopez Quirland au Conseil municipal de la Ville de Genève et qui demandait de rendre hommage aux saisonniers «parce qu’ils ont construit la Suisse ». L’exposition, initiée par la Ville de Genève, a été réalisée par le Collège du travail, les Archives contestataires et Rosa Brux. Elle se poursuivra jusqu'au 24 novembre et nous proposera un éclairage historique, mémorielle et artistique du statut de saisonnier, avec visites guidées, publication, projection de films et débats.

    Les « permis A » - sept millions de personnes au fil des décennies ! - n’avaient pas le droit de changer d’employeur durant leur séjour en Suisse, n’avaient pas le droit d’ammener leur famille, n’avait aucune garantie d’installation, de regroupement familial ou de prise en charge par l’assurance chômage. Etre saisonnier signifiait n’avoir pratiquement aucune protection sociale.

    L’aspect le plus révoltant de ce statut fut sans aucun doute l’interdiction pour les enfants des travaileuses et travailleurs saisonniers, forcémment clandestins, d’accéder à une scolarité dans nos écoles. Ces enfants restaient donc cachés, souvent enfermés chez eux.

    C’est pour remédier à cette situation innaceptable du point de vue des droits humains que le CCSI, en lien avec d’autres partenaires et des militant.e.s, crée alors l’Association pour la reconnaissance et l’encadrement des enfants sans statut légal (AGRES) qui donne naissance à La Petite École : une école clandestine, pour des enfants clandestins.

    Heureusement, comme dans bien d’autres domaines, Genève a été précurseur pour améliorer le sort des saisonnières et des saisonniers. Le Centre de Contact Suisses – Immigrés a joué un rôle prépondérant aux côtés des autorités, qui eurent alors un véritable courage politique – on se souvient toutes et tous en 1986 du Conseiller d’État Dominique Föllmi, tenant la main d’une fillette sans papiers pour l’accompagner à l’école publique. Un peu plus tard, ce sont tous les enfants sans papiers qui seront scolarisés.

    Force est de consater que la question de la migration, sous toutes ses formes et avec ses divers statuts n’en finit pas d’agiter la politique suisse. Les initiatives Schwarzenbach des années 70 contre la « surpopulation étrangère » ont été suivies par les initiatives « Pour le  renvoi des criminels étrangers », « Ecopop » ou encore actuellement «Contre l’immigration de masse» proposée par l’UDC. On le constate, alors même que nous nous apprêtons à célébrer les 30 ans de la Convention des Nations-Unies sur les droits de l’enfant, l’histoire se répète et il est plus que jamais nécessaire de témoigner de notre solidarité avec les personnes en situation de migration. Le débat sur les conditions de travail en Suisse et la migration, en présence de Marianne Halle, du Centre de Contact Suisses – Immigrés (CCSI), Pierre-Yves Maillard de l’Union syndicale suisse et le syndicaliste Jacques Robert qui aura lieu le mardi 19 novembre à 19h à la Maison Internationale des Associations en sera l’occasion.

    Venez nombreuses et nombreux le 29 octobre pour découvrir cette exposition qui rend hommage à celles et ceux qui ont fait la Suisse !

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  • Prêtons attention à nos seniors !

    « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres », dit le préambule de la Constitution suisse. Une maxime qui doit se répéter à tous les échelons de la démocratie helvétique. Et notamment au niveau municipal, celui de la proximité, où l’on est proche des gens, où on les connaît.

    Depuis quelques mois, voire depuis quelques années, ledit préambule est mis à mal en Ville de Genève. Dans un cadre bien précis : celui du logement social. La municipalité détient de longue date un parc locatif de près de 5’000 logements. Certaines personnes y louent un bien depuis des décennies. L’âge avançant, elles ont perdu des proches, parfois leur conjointe ou leur conjoint. Les enfants volent de leurs propres ailes depuis belle lurette. Et voilà que la régie s’intéresse subitement et abruptement à leur cas.

    La Gérance immobilière municipale (GIM), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, découvre que les personnes ne remplissent plus les critères relatifs à son règlement. Notamment en termes de taux d’occupation (une personne de moins que le nombre de pièce), voire de ceux de revenu et de fortune. Dans ce cas de figure, la régie ne prend pas de gants pour signifier aux personnes, parfois âgées, que c’en est fini de leur bail à loyer. Dans une Ville et un canton où le taux de vacances se situe à moins de 0,5 %, ne pas proposer de solution de relogement est indigne.

    La GIM, qui jongle à longueur de journée avec les chiffres, prend également ses locataires pour des numéros ! Et oublie que derrière chaque bien qu’elle met à disposition, il y a une histoire de vie, un réseau social, qui s’est petit à petit constitué dans le quartier, des habitudes prises, de l’entraide avec les autres locataires. Bref, la vie, quoi !

    La GIM est un service de la Ville de Genève, comme l’est le service de l’espace public ou le service social. Ce dernier fait de la lutte contre l’isolement des personnes âgées l’une de ses priorités ! « Ville amie des aînés », la Cité de Calvin a mis en place depuis 2015 une Politique de la vieillesse, axée sur le principe du « bien vieillir ». Alors que l’on vient de célébrer les « Promo Seniors », les 100 ans de Pro-Senectute, ainsi que la Journée internationale des personnes âgées, on se dit que quelque chose cloche et que notre administration n’est pas à l’unisson.

    Le lundi 14 octobre lors de la séance du Conseil municipal de la Ville de Genève, nous allons revenir sur différents aspects relatifs aux conditions de location pour les seniors. L’association des locataires de la GIM (ALGIM), qui s’est créée en mars 2018 pour venir en aide aux personnes lésées, sera particulièrement attentive aux prises de parole qui se succéderont. Membre de l’Asloca, l’association a fourni un travail titanesque depuis sa création, permettant heureusement de débloquer bien des situations.

    A l'heure,

    • où les retraites rétrécissent comme peau de chagrin,
    • où des solutions politiques et financières doivent être trouvées pour faire face aux changements d'équilibre liés au vieillissements de la population,
    • où la place des ainé.e.s dans la société doit être mieux prises en considération, ainsi que leur droit de vivre toutes les dimensions de la vie sociale et dans la sécurité,

    il est indispensable de positionner la Ville de Genève à la point de la protection des seniors et notamment lorsqu'ils/elles sont locataires d'un bien appartenant à la municipalité.

    Alfonso Gomez, Conseiller municipal, trésorier de l’Asloca et Candidat vert au Conseil administratif

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