Alfonso Gomez - Page 2

  • La Comédie suspend son envol

    Écrire sur la nouvelle Comédie, en confinement depuis 20 jours, et rêver quelques instants. Me souvenir du dernier spectacle, Dom Juan de Molière par la compagnie des Fondateurs. Un beau spectacle, une salle pleine de jeunes et la force du texte si actuel en plein débat sur les Césars et les violences faites aux femmes.

    Une dernière soirée, à la Comédie des Philosophes. La dernière soirée en fait. Avant l'annonce de la fermeture, brutale, liée au Coronavirus. Les derniers spectacles sont annulés, le chantier de la nouvelle Comédie est stoppé, le déménagement repoussé. Les adieux à l’institution se font chacun.e chez soi, en quarantaine.

    Les images et les sensations de la dernière saison remontent à la surface : des rencontres chaleureuses après le très touchant spectacle d'Anne Bisang ou encore les folies humanistes de Pippo Delbono. Je me rappelle aussi la découverte extraordinaire de l’univers virtuel de Gilles Jobin ou encore de l’artiste brésilienne Christiane Jatahy qui nous a fait voyagé de la scène à l’écran, une soirée magique.

     

    Tous ces souvenirs nous rappellent la singularité des arts que l’on appelle vivants. Ces créations qui se partagent dans un temps éphémère, nous rassemblent dans un lieu et laissent des traces dans nos âmes. Genève a une formidable scène artistique, très diversifiée. La crise que nous traversons nous aura convaincu, s’il le fallait, que l’art nous est indispensable, que l’économie du spectacle est fragile et qu’il est nécessaire de la soutenir. C’est une préoccupation constante de la Ville de Genève qui devra s’engager fortement les années à venir aux côtés des institutions et des artistes qui nous aident à vivre et à penser.

    Dans l’attente de la réouverture de nos scènes et de la fin des travaux de la future Comédie de Genève au Eaux-Vives, je tiens à remercier les artistes et toutes celles et ceux qui ont fait la Comédie au boulevard des Philosophes. Dans ce moment de tragédie, savoir qu'un jour prochain, à nouveau, nous sortirons au spectacle, ensemble, donne de l'espoir.

    La Comédie reprendra son vol et nous serons présents, pour fêter ensemble un nouveau théâtre et y partager les joies et les peines de la condition humaine.

    Alfonso Gomez

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  • Aménagement ? Changeons de paradigme !

    J’ai participé au débat de la Tribune de Genève et du Club suisse de la presse, que je remercie pour l’organisation impeccable de la soirée. La thématique générale portait sur les défis qui attendent Genève lors de la prochaine législature. J’ai moi-même fait partie du panel de cinq candidat.e.s interrogé.e.s sur le type de croissance souhaité pour Genève.

    A cette question, permettez-moi de répondre par une autre : quelle croissance est réellement souhaitable dans un monde aux ressources finies, soit non renouvelables ad aeternam ? A l’heure de l’urgence climatique, nous ne pouvons plus raisonner selon des logiques passéistes qui nous ont mené.e.s à l’actuel désastre environnemental – et social pour partie. Aujourd’hui, nous devons passer à l’étape suivante. Celle de la transition écologique, pour aboutir à une société post-carbone, où le seul bien infini est celui du vivre ensemble et de la qualité de vie.

    Plus spécifiquement, Laurence Bézaguet de la Tribune de Genève m’a demandé si je regrettais les récents choix populaires de ne pas développer les zones de Meyrin-Cointrin, de Pré-du-Stand ou encore du Petit-Saconnex. La réponse est non, puisque j’ai personnellement défendu publiquement et en assemblée générale des Vert.e.s genevois le refus de ces déclassements. Plusieurs facteurs expliquent ma prise de position.

    Tout d’abord, les pics et îlots de chaleur en Ville ces deux dernières années ont été très mal vécus par les habitant.e.s. Il faut se rendre compte d’une chose : quand il fait à Anières une température de 20° à minuit, le thermomètre grimpe en Ville à 30° ! Et à 30°, le corps ne se repose pas. Ces périodes de grandes chaleurs vont se généraliser. Raison pour laquelle il est urgent de travailler sur la déminéralisation de la Ville, et sa végétalisation.

    Ensuite, nous devons tenir compte des projets récemment sortis de terre et qui ont déçu, à l’instar de l’écoquartier du Carré Vert (ex-Artamis). On nous a vendu une forêt urbaine, on se retrouve aujourd’hui dans un océan de béton! A ce titre, le futur périmètre de la Caserne des Vernets est préoccupant. Il est nécessaire de marquer un temps d’arrêt, prendre le temps de la respiration, réintroduire le vivant et le végétal dans la Ville : c’est un enjeu de santé publique.

    La ville n’est pas seulement qu'un amoncellement technique d’immeubles c’est aussi un rapport entre les hommes et les femmes qui l'habitent. La vie en ville doit avoir la priorité sur les immeubles.

    J’en appelle à un changement de paradigme. Jusqu’ici, nous avons construit sans nous soucier de ce que nous allions mettre autour. Le geste architectural était privilégié (et encore, ça n’a pas toujours donné lieu à des réussites !) au détriment des personnes qui allaient occuper ces logements et vivre dans les nouveaux quartiers ainsi créés. Désormais, nous devons penser l’aménagement de manière transversale, à l’aune de toutes les politiques publiques afférentes (mobilité, cohésion sociale, culture, sports etc.), avant de vouloir construire quoi que ce soit ! C’est à cette seule condition que nous pourrons aller de l’avant avec les Plans localisés de quartier en cours sur le territoire de la Ville. A cet égard, les coopératives, parce que non spéculatives, doivent être privilégiées ainsi que la maîtrise foncière par les collectivités publiques, pour des loyers abordables et du logement social.

    Quant aux grandes zones de développement, si des zones villas doivent céder la place à des logements bien moins voraces en énergie, cela ne doit pas être une occasion de plus de minéraliser le sol. Des forêts, des zones de verdure et des arbres doivent apparaître et être replantés. Ces interstices végétales dans l’espace urbain seront un bienfait pour les habitant.e.s et pour la biodiversité. En supprimant la nature de la Ville on rompt aussi les liens sociaux.

    Enfin, j’aimerais citer quelques objectifs : un moratoire sur tout nouvelle construction de bureaux, la piétonisation du centre-ville et des quartiers, dans un but de santé publique, et une couverture arborée de 30% en Ville (contre 21% actuellement). Et comme on ne pourra pas tout avoir, il nous faudra choisir entre les arbres et les places de parc !

    Enfin, M. Pierre Ruetschi nous a demandé de définir en un mot notre vision de Genève en 2050. J’ai répondu par « Biopolis ». Soit une ville écologique et végétale, hybride entre le milieu naturel et celui urbanisé, qui fonctionne aux bioénergies et construit ou rénove avec des biomatériaux (bois, paille, liège, chanvre). Je me réjouis de voir le résultat et vous donne rendez-vous dans 30 ans pour voir le résultat !

    Lien vers la vidéo du débat

    Alfonso Gomez

     

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  • Croissance numérique : Manifestation nationale contre la 5G, samedi 25 janvier 2020 à 14h00, place des Nations, Genève.

    Samedi 25 janvier, Genève accueillera une manifestation nationale contre le développement de la 5G en Suisse. Le débat autour du déploiement de la 5G en Suisse soulève des questions de santé publique, d’écologie et de politiques économique et sociale. Alors que la lutte contre la crise climatique mondiale doit être la priorité, les conséquences environnementales de la croissance numérique sont insuffisamment prises en compte.

    Les déclaration des dirigeant.e.s politiques et économiques sont contradictoires : d’un côté, le développement de l’économie digitale relèverait de l’évolution incontournable de notre société ; de l’autre, les déclarations fusent en faveur de la protection des ressources et de la biodiversité.

    Ce double discours n’est aujourd’hui plus crédible. Nous devons affirmer que nous avons un problème avec la voracité des nouvelles technologies en termes de matières premières et d’énergies.

    Jusqu’à présent, les médias se sont concentrés sur les potentielles répercussions des ondes sur la santé de la population. Or, d’autres conséquences néfastes sont imputées à la 5G: pollutions graves dues à l’extraction des matières premières (plus de 40 métaux dans un smartphone) ; augmentation massive des besoins énergétiques (et par conséquent accroissement des consommations de charbon, de pétrole et d’eau) ; montagnes de déchets non recyclés et polluants provoqués par l’obsolescence programmée de deux milliards de téléphones portables dans les années à venir ; risques pour les individus et les collectivités engendrés par l’utilisation massives des données ; accroissement de la consommation et des addictions dues aux écrans.

    Cette technologie est supposée être propre, car invisible. En réalité, la numérisation n’est ni indolore ni invisible. Dans les faits, elle pose de graves problèmes écologiques, dénoncés depuis plusieurs années par les Vert.e.s, des associations de médecins et de nombreux mouvements issus de la société civile.

    Ainsi, alors que  nous assistons à une prise de conscience de la catastrophe environnementale due au plastique, nous participons toutes et tous au développement d’une nouvelle grave crise environnementale.

    La fascination exercée par les nouvelles technologies, alimentée par des appétits économiques et financiers sans limites, favorise le sentiment d’impuissance de la population face à l’accroissement du numérique. Cette révolution est en effet omniprésente : elle impacte le marché de l’emploi, les conditions de travail mais aussi notre vie quotidienne.

    La 5G, développée sans discernement ni esprit critique, vient alourdir gravement le bilan de santé plus que préoccupant de notre planète. Il est essentiel que la Ville de Genève, qui devrait dévoiler prochainement son plan climat, l’inscrive dans ses priorités contre le réchauffement climatique. A nous, citoyennes et citoyens, de réagir et de poser des limites !

    Alfonso Gomez

    Candidat Vert au Conseil administratif de la Ville de Genève

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