de suivi

Alfonso Gomez - Page 2

  • La transidentité fait partie de la diversité des identités

    Dans le cadre de la campagne annuelle de la Ville de Genève contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, des affiches mettant en scène la richesse des corps queer ont essaimé dans les rues. Organisée chaque année depuis 2013, cette campagne vise à donner une visibilité aux communautés LGBTIQ+ et à sensibiliser le public aux enjeux qui les concernent spécifiquement. Pour cette édition 2022, intitulée « Nos corps, nos fiertés », nous avons choisi, de façon affirmée, de mettre l’accent sur une thématique centrale : le droit de chaque personne à l’autodétermination et au respect de son corps.

    Le plus souvent invisibilisés, voire caricaturés, ces corps queers s’affichent de manière positive à la population, dans toute leur diversité – une façon légère et à la fois terriblement sérieuse de contrarier la vision  qui leur est le plus habituellement réservée. Ces visuels ont été réalisés par des artistes qui sont aussi des personnes concernées et alliées. Bien loin d’une idéalisation ou d’une glorification, elles traduisent une réalité – leur réalité -, tout à la fois subjective et légitime. Avec un message à la clé : tous les corps sont beaux, tous les corps sont valides.

    Si cette campagne suscite une foule de réactions positives, certaines voix prennent son prétexte pour remettre en question le droit à l’autodétermination, particulièrement pour les personnes trans, comme l’illustre l’opinion parue le 12 mai dans le journal Le Temps. Elles y donnent l'impression d'une dérive dangereuse, en laissant insidieusement entendre que les associations détourneraient les jeunes vers la transidentité avec l'appui des pouvoirs publics.

    Aujourd’hui, je tiens à réaffirmer ma conviction que les droits à l’autodétermination des personnes LGBTIQ+ et au libre choix sur toutes les décisions qui les concernent ne peuvent et ne doivent en aucune façon être remis en question. C’est un combat juste, un combat permanent - à l’image du droit des femmes à disposer de leur corps, dont les avancées furent obtenues en leur temps de haute lutte par les milieux féministes. Il s’agit de droits essentiels, inaliénables, pour lesquels nous entendons continuer à nous mobiliser, à côté des associations qui réalisent avec professionnalisme un extraordinaire travail.

     

    Une Opinion parue dans Le Temps du 24 mai 2022: www.letemps.ch/opinions/transidentite-partie-diversite-identites

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  • Jour du dépassement: nous vivons désormais à crédit

    Ce 13 mai 2022 marque le Jour du Dépassement de la Suisse. Concrètement, cela signifie que si tous les êtres humains vivaient comme la population helvétique, nous aurions consommé aujourd’hui toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an. A partir de demain, et jusqu’à la fin de l’année, nous vivrons donc aux dépens des générations futures.

     

    Cette date, déterminée par l’ONG américaine Global Footprint Network, permet d’illustrer l’empreinte environnementale importante des pays développés. Elle illustre la consommation d'une population humaine en expansion sur une planète limitée. Surtout, elle nous invite à modifier nos comportements. Car l’échec, ce n’est pas le jour du dépassement ; c’est le fait de ne pas y prêter l’attention qu’il mérite. L’échec, c’est l’incapacité à s’extraire d’une surconsommation effrénée, à considérer nos besoins réels, à mettre en œuvre une véritable réutilisation de nos matériaux. L’échec, c’est la soif du toujours plus. Or, le dernier rapport du GIEC l’a parfaitement mis en évidence : nous disposons actuellement de toutes les technologies et de tous les moyens pour transformer nos sociétés extrêmement rapidement. Pour chacun des secteurs de la société, nous disposons de modèles qui montrent que l’on pourrait concilier niveau de vie et zéro émission.

    L’urgence à agir n’est plus à démontrer : pour limiter le réchauffement global à environ 1,5 degré – et garantir ainsi de bonnes conditions de vie aux générations futures –, nous devons atteindre un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre avant 2025. Les trois années à venir sont donc déterminantes et doivent être appréhendées comme une chance d’impacter de manière décisive notre avenir sur Terre. La Ville de Genève en est pleinement consciente,  raison pour laquelle elle a adopté en février dernier une Stratégie climat ambitieuse. Les objectifs sont clairs : il s’agit de réduire drastiquement les émissions de gaz à effets de serre du territoire communal, en atteignant moins 60% d’ici à 2030 et la neutralité carbone en 2050, ainsi que de mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, toutes les politiques publiques, les projets et prestations, les décisions politiques, administratives et financières de la Ville doivent dès à présent être repensés à l’aune de la transition écologique, pour faire de Genève en 2050 une ville écologique, solidaire et dynamique.

     

    Mais bien sûr, face à l’ampleur du défi, la mobilisation doit être générale et impliquer l’ensemble des échelons de notre société, des plus hautes sphères aux citoyennes et citoyens. En se rappelant que chaque gramme, chaque kilo, chaque tonne de CO2 évitée, non émise, compte. En clair, que « le pire n’est pas certain » pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de Catherine et Raphael Larrère, et que continuer à se mobiliser n’est pas vain. En transmettant enfin un message clé : si la transition écologique est aujourd’hui indispensable, elle n’est de loin pas synonyme de retour en arrière. A bien des égards, la société durable et décarbonée apparait en effet comme la société du bien-être physique et mental, du mieux vivre-ensemble, de la créativité, de l’innovation et du dynamisme. Une raison de plus pour nous mettre au travail, dès aujourd’hui et ensemble.

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  • Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale: la Ville doit redoubler d'efforts

    Le 21 mars 1960 à Shapeville, en Afrique du Sud, la police ouvrait le feu lors d'une manifestation pacifique contre les lois relatives aux laissez-passer imposées par l'apartheid, causant ainsi la mort de 69 personnes. C’est en commémoration de ce jour tragique que la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année depuis 1966, engageant la communauté internationale à redoubler d'efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale. Si l’interdiction en matière de discrimination est inscrite dans tous les instruments internationaux de base relatifs aux droits humains, trop d’individus et de communautés souffrent encore des injustices et des préjugés causés par le racisme. Et Genève, ville hôte des institutions internationales, promouvant des valeurs humanistes et universelles, n’est pas épargnée.

    Reste que la municipalité est active de longue date en matière de lutte contre les discriminations liées à l’origine, à la culture ou la couleur de peau, mais le chemin reste long pour parvenir à une égalité de fait, ce qui nous impose de redoubler d’efforts. La Semaine contre le racisme, établie autour de cette journée de commémoration, fait partie des actions devant contribuer à sensibiliser le public aux différentes formes de discrimination raciale. Suite à l’étude commandée par la Ville à propos des hommages rendus dans nos rues et sur nos places à des personnalités ayant encouragé le racisme, la problématique de l’espace public sera au cœur de cette édition 2022, à laquelle je vous encourage à participer.

    Lutter au cœur de l'administration

    Pour être efficace, cette lutte doit se faire à différents niveaux, et également au sein de l’administration. Lors du vote du budget 2022, le Conseil municipal a avalisé la création d’un poste de chargé-e de projets Diversité au sein de la direction des ressources humaines, qui devra permettre très concrètement de mettre en œuvre les engagements de la Ville de Genève en la matière. Par ailleurs, la constitution d’un nouveau réseau égalité-diversité, composée de 26 référent-e-s représentant les différents services de la Ville, jouera un rôle crucial pour faire progresser l’égalité et la diversité en matière d’employabilité.

    Si des mesures sont déjà prises pour favoriser la diversité des profils professionnels et l'engagement de personnes issues de l'immigration – je pense notamment au fait que les postes de l'administration municipale sont ouverts à tout titulaire d'un permis, quel qu’il soit, ou d'une autorisation de travail valable -, il reste de nombreux freins contre lesquels nous devons lutter. Pour s’appuyer sur les chiffres, 3% des collaborateur-trice-s de la Ville sont de nationalité extra-européenne,  alors que ces personnes représentent quelque 11% de notre population. En tant qu’administration d’une ville aussi cosmopolite que Genève, nous devons faire mieux. Et nous y travaillons.

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