de suivi

Davantage d'arbres coupés en Ville? Vraiment?

Ma réaction in extenso à l'article du GHI "Abattages d'arbres: la guerre des chiffres reprend"

 

Lorsque j’ai pris mes fonctions de Conseiller administratif de la Ville de Genève en charge notamment de l’environnement en juin 2020, j’ai demandé au Service des espaces verts (SEVE) de planter trois arbres de développement similaire pour chaque arbre abattu. Cet acte politique est également symbolique, car un jeune arbre n’offre pas les mêmes services écosystémiques qu’un arbre au grand âge. C’est néanmoins un signal et une direction pour affirmer que les choses ne se passeront plus comme avant.

Pour ce qui relève des arbres sous gestion du SEVE, 308 arbres ont dû être abattus pour raison sanitaire ou de sécurité, de juin 2020 à mai 2021. On constate aujourd’hui clairement une accentuation et une accélération des effets du réchauffement climatique, notamment avec des épisodes météorologiques de plus en plus fréquents et violents, sur le patrimoine arboré, qui s’en trouve fragilisé. Les chiffres sont clairs : 34% des abattages des arbres sous gestion du SEVE sur la période citée ci-dessus ont dû être réalisés en lien avec les intempéries. Raison pour laquelle nous allons planter plus de 900 arbres à partir de maintenant, durant la saison de plantation hivernale. Il y a quelques années encore, la Ville ne plantait que 100 à 150 arbres par année…

Les chiffres avancés dans l’article concernant la Ville semblent prendre en compte les arbres sur parcelles privées, sur lesquels nous n’avons pas de prise. Pour les arbres sous gestion du SEVE, j’ai demandé dès mon arrivée à ce que les chiffres des abattages et des plantations soient dorénavant communiqués de manière transparente chaque année. Dans cette perspective, le SEVE a mis en ligne cet été une cartographie complète des abattages et des plantations de l’année précédente.

Par ailleurs, je souhaiterais que ce travail de transparence soit dorénavant élargi à l’ensemble des arbres concernés par les aménagements et les constructions réalisés par la Ville de Genève, et pas seulement ceux sous gestion du SEVE. Le sujet est en discussion actuellement.

A l’heure de l’urgence climatique, il devient pressant de changer la focale et d’intégrer l’existant - les arbres, la biodiversité et plus généralement la nature – dans les projets de construction. Cela nécessite de revoir le dimensionnement ou le positionnement de certains projets. C’est notamment pour cette raison que je me suis opposé à la réalisation de la Cité de la Musique. Le projet faisait fi d’un site naturel d’une qualité exceptionnelle, alors que d’autres lieux d’implantation existent, avec un impact bien moindre sur la biodiversité et les arbres, et donc, in fine, sur nous autres qui vivons en ville.

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Voilà qui est clairement dit. Et je vous en félicite. Je vous suggère de dresser un bilan trimetriel des abattages (en expliquant la raison) et des plantations avec mention à chaque fois de l'essence.

    Votre prise de position sur la cité de la musique montre que vous avez compris que le peuple en a marre des massacres d'arbres pour le profit de certains.

Les commentaires sont fermés.