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COP26 : il est urgent de manifester ce vendredi à Genève !

Alors que la 26ème Conférence des parties sur les changements climatiques (COP 26) va s’ouvrir dans une dizaine de jours à Glasgow, bon nombre de signaux restent au rouge sur le plan du dérèglement climatique. Heureusement, il y a des raisons d’espérer et d’agir.

Le monde pourrait connaître un réchauffement de +1,5°C dès 2030, selon le rapport du GIEC paru cet été. Soit 10 ans plus tôt que les dernières prévisions en date ! Et Genève figure parmi les villes du monde qui pourraient être soumises aux plus fortes hausses des températures dans la décennie à venir. Ceci en totale contradiction avec l’accord de Paris, scellé au cours de la COP21 de 2016, qui avait pour objectif de ne jamais dépasser ce seuil.

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et de plusieurs autres instituts, les prévisions de production d’énergies non renouvelables (charbon, pétrole, gaz) pour 2030 sont plus de deux fois supérieures à celles compatibles avec une limitation du réchauffement à +1,5°.C’est donc l’ONU elle-même qui met la pression sur les dirigeant-e-s de tous les pays, notamment pour mettre fin aux investissements dans les énergies fossiles. Ces dernières ont encore bénéficié d’environ 277 milliards de francs au cours des 18 derniers mois dans les pays du G20. C’est plus que les investissements dans les énergies vertes. Ça ne peut plus durer.

En Europe, feux de forêts et sécheresses ont fortement réduit le niveau des nappes phréatiques au cours de ces trois dernières années de chaleur extrême. On parle du pourtour méditerranéen mais pas seulement : des tempêtes de sable frappent aux portes de Berlin, tandis que l’assèchement des lacs fait apparaître des déserts en Roumanie. Ajoutez à cela des décennies d’errances en matière de politique agricole et forestière, et vous obtiendrez un cocktail détonant, signe avant-coureur de ce qui nous attend si l’inaction perdure ! Le documentaire d’Arte consacré à la sécheresse et à ses différentes dimensions, visible sur la plateforme de la chaîne franco-allemande jusqu’au 1er novembre, est à ce titre édifiant. Comme pour l’accélération du réchauffement, on ne s’attendait pas à ce que ces conditions semi-désertiques frappent l’Europe aussi rapidement.

 

La Suisse durement touchée

En Allemagne surtout, mais en Suisse aussi, ce sont plutôt les inondations qui ont émaillé l’été 2021. Et comme le mois de mai a plutôt ressemblé à un mois de mars, et que juillet a été « pourri », on a vite tendance à se dire que la problématique du réchauffement est éthérée sous nos latitudes. Ces épisodes météorologiques ne sauraient pourtant occulter les enjeux à plus long terme liés au climat, comme le fait que la décennie qui a précédé a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures.

+1,5°C, +2°C ou +4°C, ce n’est pas « sympa » comme certain-e-s peuvent encore l’imaginer, en pensant à la plage sous les pavés genevois. Le climat est une donnée fragile et il en faut peu pour le perturber et engendrer en cascade des conséquences négatives.

Dans notre pays, le réchauffement se révèle d’ailleurs plus rapide que la moyenne globale. Dans nos montagnes, avec un réchauffement de +2°C, les glaciers vont se réduire de 1450 aujourd’hui à… plus qu’une cinquantaine à la fin du siècle ; avec le manque d’eau qui en découlera, si j’ose dire. Dans nos campagnes, l’été 2018 qui n’en finissait plus a eu pour conséquence très concrète que les plantations de colza de l’année suivante se sont faites sur des sols trop durs, réduisant d’emblée la récolte de plus d’un tiers. En ville, ceci signifie des pics de chaleur à +45°C durant plusieurs jours d’affilée en été dans les rues de Genève, et pas moins de +30°C la nuit. Mêlé à un taux d’humidité élevé, c’est le cocktail insipide qui mettra à mal notre santé, la récupération physique devenant très difficile lors que le sommeil est ainsi perturbé. Pour les personnes âgées ou atteint-e-s dans leur santé, les températures caniculaires sont aussi synonymes de décès prématurés.

 

Les raisons d’espérer

Pour faire face aux immenses défis qui nous attendent, il n’y a plus une seconde à perdre. Pour ce qui relève plus spécifiquement des enjeux liés à l’alimentation évoqués dans le documentaire ci-dessus, il faudra sortir du système agro-alimentaire actuel, favoriser la rotation et la diversification des cultures, modifier le système de subvention à la surface allouée par Bruxelles à la stricte agriculture biologique, ou encore viser une alimentation largement moins carnée. D’autres solutions mêlant techno-sciences et génomiques sont également envisagées mais je reste perplexe quand l’être humain joue les apprentis-sorcier. Mes faveurs vont bien davantage aux solutions agro-écologiques et de permaculture, empruntées aujourd’hui par des milliers de jeunes qui se lancent dans les métiers de la terre et qui envoient paître le vieux monde ! A Genève et dans l’agglomération, une production alimentaire durable, responsable, solidaire, exempte de pesticides et de produits phytosanitaires, décarbonée, doit être soutenu activement par les autorités politiques.

Pour rendre notre cadre de vie résilient face au réchauffement climatique, l’aménagement du territoire, ou plutôt son ménagement, et la mobilité revêtent également un enjeu crucial. Il s’agit de végétaliser la ville, d’arboriser le canton, en ne plantant plus seulement dans les espaces verts et dans les parcs, mais directement sur la voirie, en supprimant des voies de circulation dédiées aux transports individuels motorisés (TIM) et des places de stationnement. De ce point de vue-là, je salue l’initiative « Climat urbain » d’Actif-Trafic qui arrive à point nommé : elle propose de soustraire 1% de la voirie pendant 10 ans, pour planter des arbres et faciliter les déplacements en mobilité douce. En clair, des mesures radicales et concrètes doivent être prises au plus vite.

Plus globalement, il s’agit d’identifier, de protéger et de développer la biodiversité, de construire en fonction des éléments naturels en place et non l’inverse ! L’accélération de la rénovation du patrimoine bâti doit nous permettre de baisser radicalement nos émissions de CO2 ainsi que notre consommation de combustibles fossiles ou d’électricité (dont les prix s’envolent actuellement) pour chauffer les habitations. La ville grise et minérale doit faire place à la ville verte et végétale, voire agricole, dans un esprit de souveraineté alimentaire et de reconnexion avec les fondements de ce qui rend possible la vie sur terre.

 

Toutes et tous dans la rue pour manifester !

La période de crise sanitaire que nous traversons a montré qu’un sursaut du pouvoir politique était possible. Il s’agit par conséquent d’en faire de même dans tous les domaines concernés par l’urgence climatique.

Nous étions des dizaines de milliers le 28 septembre 2019 à Berne lors de la Grève pour le climat ; nous devons être encore plus dès demain et ceci aux quatre coins de la planète. Parce que la transition écologique n’ira pas sans la justice sociale, soyons nombreuses et nombreux dans la rue, de tous les horizons et de tous les parcours professionnels. Parce que le dérèglement climatique s’attaque d’abord aux plus vulnérables, prenons soin de toutes les populations et développons des réseaux d’entraides au Nord comme au Sud.

 

 

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Commentaires

  • Une tendance claire a préfiguré le refroidissement du climat qui commence maintenant à se faire sentir sérieusement.

    Aujourd’hui encore, la masse totale de neige dans l’hémisphère nord est bien supérieure à la normale. Selon les données de l’Institut météorologique finlandais, ce total est supérieur de près de 200 gigatonnes à la moyenne des années 1982-2012 (GlobSnow SWE v1.3), régions de montagne non incluses.

    D’autres estiment l’excédent de neige à 250 gigatonnes.

    Plus tôt cette année, en février-mars, la masse totale de neige était de 400-500 gigatonnes au-dessus de la même moyenne, ce qui est bien supérieur à la fourchette normale (min-max).

    Aucun média du système, dans aucun pays, n’a mentionné ce fait historique dans un seul titre. En outre, la température moyenne mondiale a baissé depuis 2016.

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