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Journée internationale des droits femmes : entre luttes et hommages

Aujourd’hui, nous célébrons la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Une date importante, qui nous permet de rappeler que si des progrès considérables ont été accomplis ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une égalité de fait entre les femmes et les hommes dans notre pays. Dans le monde professionnel comme dans la sphère privée, dans la rue ou lors de loisirs, les femmes doivent en effet faire face à de nombreuses discriminations.

En Suisse, pour un travail équivalent, les femmes gagnent ainsi toujours 8,6% de moins que les hommes et même 19,6% de moins si on considère la situation de manière globale. Par ailleurs, les femmes ne représentent que 23% des membres des Conseils d’administration des 100 plus importantes entreprises suisses et une seule entreprise suisse cotée au Swiss Market index figure dans le top 100 des entreprises les plus égalitaires. Les femmes sont également discriminées à l’âge de la retraite – elles touchent aujourd’hui encore un tiers de moins de rentes de vieillesse que les hommes –, ce qui n’empêche pas le Conseil fédéral de vouloir relever l’âge de leur retraite à 65 ans. Les femmes sont aussi confrontées quotidiennement aux violences sexuelles et au harcèlement dans l’espace public, comme l’a récemment montré une étude de l’Université de Genève, mandatée par la Ville de Genève. Pour ne citer que quelques exemples.

Face à la persistance de ces inégalités structurelles et de forts stéréotypes de genre, la mobilisation est essentielle. A Genève, dès 17h, le collectif de la grève féministe investira les ponts autour de la petite Rade, dans le respect des normes sanitaires, et animera plusieurs stands autour de revendications essentielles. J’y serai dès 19h30, pour affirmer ma volonté de continuer à lutter avec détermination pour les droits des femmes.

En parallèle, le 8 mars offre l’occasion de rendre hommage aux pionnières, aux visionnaires, à celles qui ont tracé un chemin, aux figures fondatrices. J’aimerais ainsi saluer ici la mémoire de Jacqueline Berenstein-Wavre, qui nous a quittés le 22 janvier dernier à l’âge de 99 ans. Première femme à présider le Conseil municipal en 1968-69, elle a notamment largement contribué à faire aboutir en 1981 l'initiative pour l'égalité entre hommes et femmes, dont l’acceptation par le peuple a permis l’inscription dans la Constitution fédérale du principe d’égalité. Je pense aujourd’hui également à Noemi Lapsezon, qui a forgé l’esthétique de la danse contemporaine dans notre cité. Artiste sensible, engagée, rayonnante, véritable force vive sur scène et en dehors, elle a inspiré et accompagné le développement de plusieurs générations d’artistes et de danseur-euse-s à Genève. Quelques mots enfin en hommage à la comédienne genevoise Rachel Cathoud, qui disparaissait il y a 10 jours. Femme d’esprit, indépendante, inspirante, cette grande tragédienne s’est imposée dans un secteur où les codes sexistes sont persistants, montrant par l’exemple qu’il est possible pour les femmes d’être payées autant que les hommes, voire mieux.

C’est grâce à ces trois femmes, grâce également à toutes celles qui aujourd’hui encore se battent pour une société plus juste et plus solidaire, que le combat pour l’égalité avance. Merci à elles. Et rendez-vous tout à l’heure à la manifestation du collectif de la grève féministe

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