de suivi

50 ans du droit de vote des femmes : la lutte continue !

Le 7 février 1971, il y a tout juste 50 ans, les Suissesses obtenaient le droit de vote et d'éligibilité au niveau national, après plusieurs décennies de lutte. La deuxième démocratie la plus ancienne du monde est aussi l'un des derniers pays à avoir accordé aux femmes leurs droits civiques, dans un mélange de patriarcat, d’idéologie liée aux mythes fondateurs et de forts stéréotypes de genre.

Alors que cette date historique est célébrée un peu partout ces jours, il est important de rappeler que si elle constitue bien sûr un jalon fondamental, elle n'a pas pour autant mis fin à l’inégalité globale entre femmes et hommes dans notre pays. Le 14 juin 2019, 500'000 femmes descendaient dans les rues de notre pays pour le rappeler, en réclamant notamment l’égalité salariale, la reconnaissance du travail non rémunéré et l'augmentation du nombre de femmes aux postes décisionnels ; pour dénoncer aussi les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la persistance de profondes inégalités structurelles.

Où en sommes-nous ?

La semaine passée, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États, qui avait auparavant adopté le relèvement de l’âge de la retraite des femmes (de 64 à 65 ans) dans le cadre de la réforme AVS 21, a refusé les compensations prévues pour les travailleuses les plus touchées par ce changement, sous forme de rentes plus élevées. Elle propose en outre qu’un départ flexible à la retraite ne soit possible qu’à partir de 63 ans – au lieu de 62 ans – pour les femmes également. Une pétition en ligne a réuni en quelques jours plus de 200'000 signatures (près de 300'000 à ce jour). Elle rappelle que les femmes touchent aujourd’hui encore un tiers de moins de rentes de vieillesse que les hommes ; et qu’elles assument la majeure partie du travail de garde, de soins et d’assistance, peu pris en compte dans le calcul des rentes.

Lundi dernier, c’était au tour de la Commission des affaires juridiques du Conseil des États de rétropédaler. Travaillant sur la révision des dispositions du Code pénal suisse en matière d’infractions sexuelles, elle a mis en consultation un projet qui ne retient pas la seule absence de consentement comme motif de viol, autre revendication essentielle, notamment des milieux féministes. Concrètement, si ce projet est entériné, dire « non », répéter « non », ne représenterait toujours pas un critère juridiquement décisif, la contrainte demeurant seule constitutive du viol.

Ne pas céder de terrain, continuer la lutte

On l’aura compris : aujourd’hui, se battre pour les droits des femmes représente toujours une nécessité. Cela est d’autant plus important que la situation de crise actuelle tend à opposer les besoins et à faire passer au second plan des combats qui peuvent apparaitre à certain-e-s comme moins importants. En cette période de pandémie, il nous faut non seulement continuer à lutter pour une égalité de fait dans notre pays, mais aussi se prémunir de tout retour en arrière, qui peuvent être fulgurants.

En ce moment particulier de notre histoire, le secteur public constitue certainement l’un des derniers remparts. Dans ce cadre, je suis très fier de l’action développée par la Ville de Genève et en particulier par le service Agenda 21 - Ville durable dont j’ai la charge. Depuis plusieurs années, il met en œuvre des projets engagés pour déconstruire les stéréotypes de genre et faire progresser l’égalité entre femmes et hommes. Malgré le contexte sanitaire, il proposera, du 27 février au 8 mars, en collaboration les Bibliothèques municipales et plusieurs partenaires, une nouvelle édition de la Semaine de l’égalité en Ville de Genève, consacrée aux enjeux de genre dans l’espace public.

Nous continuerons à travailler ainsi dans les mois et les années à venir. Afin de défendre et de construire une ville pour toutes et tous.

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