Pandémie et crise climatique

En raison de la crise sanitaire mondiale que nous traversons, des mesures exceptionnelles sont mises en place par de nombreux pays afin de protéger la santé de la population et de l’économie. Cette situation suscite par ailleurs une grande diversité de réflexions sur la mondialisation de l’économie, notre rapport à la consommation, à l’environnement et à la justice sociale.

Les questions posées par la pandémie sont absolument identiques à celles soulevées par la crise climatique mondiale dénoncée depuis les années septante, notamment par les partis écologiques. Et pourtant, pour lutter contre l’urgence environnementale, qui concerne également l’ensemble de la planète, nos ressources naturelles, les inégalités croissantes et les graves crises économiques et migratoires à venir, il n’a pas été possible jusqu’à présent de mobiliser véritablement les Etats et les populations.

Des choix pour l’avenir

Pour sortir de la crise économique engendrée par la pandémie, différentes visions s’affrontent déjà. Pour certains, il va s’agir de reprendre au plus vite les anciennes recettes se basant sur la simple croissance du PIB et du développement du commerce international. Les tenants de cette reprise appellent déjà à soutenir fortement la reprise des secteurs de l’industrie automobile et du trafic aérien.

Pour les Verts, l’expérience de la pandémie doit nous mener à une véritable réflexion sur la croissance, la déréglementation économique et ses ravages sur la justice sociale et la destruction de la planète. Cela doit être l’occasion de développer de nouveaux indicateurs socio-économiques permettant de mesurer l’empreinte carbone et la production de déchets et de développer des indices de santé sociale de nos sociétés. L’occasion d’expérimenter le revenu inconditionnel, le partage du temps de travail, la reconnaissance de l’engagement associatif et du bénévolat et le renforcement nécessaire des services publics, seuls capable d’assurer une protection de la population.

La relance verte

La Ville de Genève, comme l’ensemble des collectivités publiques à tous les échelons institutionnels, doit montrer l’exemple et prioriser une relance compatible avec la lutte contre la crise climatique.

Cette relance verte devra se décliner notamment dans les domaines de l’économie locale et de l’innovation, de l’aménagement et du verdissement, de la rénovation du parc immobilier, du soutien à notre tissu associatif social, culturel et sportif et à notre agriculture locale, de la gestion des déchets et évidemment de la mobilité.

Agir concrètement contre la pollution par la rénovation thermique

La Ville de Genève possède un parc immobilier important qui lui permet d’agir concrètement pour améliorer la qualité de l’air. En effet, le chauffage des habitations constitue l’une des principales sources de pollution athmospérique. Or, malgré la vétusté de son patrimoine administratif et financier, la Ville de Genève se contente de répondre aux normes suisses en rénovant 1,2%  du patrimoine bâti, par le biais d’un investissement annuel d’une vingtaine de millions. C’est bien trop peu !

Pour agir concrètement, les Verts ont déposé un projet de délibération au Conseil municipal le 3 mars dernier afin de créer une fondation de droit public dotée d’un milliard et demi sur 10 ans et dont la mission sera exclusivement d’assurer cette rénovation et de gérer ce financement extraordinaire. Du point de vue économique, l’argent investi profitera à l’économie territoriale et soutiendra l’emploi local.

Cet engagement fort de la Ville de Genève pour lutter contre le réchauffement climatique permettra, par l’exemple, de convaincre d’autres collectivités publiques mais aussi des propriétaires privés de s’y associer. Alors que le peuple genevois a freiné par deux fois récemment la densification du territoire et la construction de bureaux et de logements, le moment est idéal pour allouer des ressources massives à la rénovation.

L’objectif ? Atteindre la neutralité carbone des bâtiments propriété de la Ville de Genève en 2030. C’est actuellement possible car les taux d’intérêt extrêmement bas présentent une occasion unique d’emprunter, en émettant des obligations vertes. Pour mémoire, la Ville de Lausanne entend atteindre cet objectif de neutralité des émissions carbone à l’horizon 2030.

Emplois de proximité, santé publique et baisse de charges

Ce projet volontariste répond à plusieurs préoccupations. Celle de la protection de la santé de la population, amenée à souffrir de plus en plus d’un environnement pollué et dangereux. Celle également des ilôts de chaleur en ville, qui durant les canicules rendent la ville invivable pour ses habitant.e.s. Enfin celle de la diminution des charges locatives car une meilleure isolation des bâtiments entraînera des économies de chauffage. 

La Ville de Genève doit prendre ses responsabilités et passer aux actes. Voter l’urgence climatique au sein du Conseil municipal est un premier pas. Il est maintenant essentiel de voter des mesures concrètes. Si l’ensemble des partis politiques se réclament aujourd’hui de l’écologie – et les Verts s’en réjouissent - cela ne se concrétise malheureusement pas encore au moment des votes pour des mesures concrètes.

Et pourtant le temps est compté. L’expérience de la pandémis que nous traversons actuellement nous le montre. Nous pouvons être capables d’agir collectivement, solidairement, face à un désastre mondial. L’urgence climatique est le prochain désatre, et c’est tout de suite qu’il faut agir.

Or, la transition écologique et solidaire – il n’y aura pas de transition sans justice sociale – est pour l’heure entravée par un manque de réactivité des collectivités publiques. L’impact global sur le climat, l’impact sur notre santé, l’eau, la biodiversité, les sols et notre dépendance à l’importation de matières fossiles nous imposent d’entamer dès aujourd’hui ce grand plan de rénovation de notre patrimoine.

Faisons le pari que notre Municipalité consentira à cet effort sans précédent pour le climat et la biodiversité !

Alfonso Gomez

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Commentaires

  • Merci pour votre engagement !
    Vous apportez une vue d'ensemble et présentez différentes facettes d'un bilan qui nécessite réellement des modifications globales.
    Avec la pandémie, nous avons l'exemple qu'il est possible de prendre en considération un objectif général qui réunit différents systèmes alors que trop souvent, on agit au coup par coup, c'est oui ou c'est non sans tenir compte de tout ce qui est relié au sujet traité. Il est vraiment temps de passer de la vue du scorpion à celle de l'aigle!

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