Alfonso Gomez - Page 9

  • « Clés-de-Rive » : Non à un nouveau parking au centre ville de Genève !

    Le débat sur la problématique de la mobilité semble figé dans notre Canton. Surtout depuis le refus par les habitants de la Ville de Genève d’un premier crédit permettant  de « mettre en route » les 50 premières rues sur un total de 200. Soyons clairs: l’initiative « 200 rues sont à vous » acceptée par le Conseil Municipal de la Ville de Genève reste, juridiquement et politiquement, tout à fait valable et pertinente. À ce titre, elle demeure un levier politique afin d’améliorer la vie dans nos quartiers.

    Nous, les Verts  avons entendu  le message d’une majorité de nos concitoyens qui, tout en souhaitant une extension des rues piétonnes dans leur quartier, attendent que des réponses concrètes soient apportées concernant la compensation des places de parking.  

    Par ailleurs, toutes les enquêtes le montrent : l’assurance de trouver une place de stationnement est un facteur déterminant à utiliser l’automobile et cela même si des transports publics efficaces sont à disposition. Or les politiques tant fédérales que cantonales visent à réduire la dépendance automobile et à limiter  l’usage de ce dernier dans des secteurs desservis par les transports collectifs. En effet,  l’automobile n’est pas le moyen de transport le plus adapté pour un centre urbain dense, il est le principale responsable des nuisances dont souffrent les habitants telles que les embouteillages, la pollution de l’air et la pollution sonore.

    Nous savons, malgré le fait que nos autorités peinent à publier un inventaire complet, que les parkings existants ne fonctionnent pas à plein : nuit et jour, il y reste de nombreuses places vacantes.  En outre, de nombreuses places privées sont louées ou sous-louées à des pendulaires, à prix d'or (y compris par la Gérance immobilière municipale et d’autres collectivités publiques), ce qui augmente la pression sur les places en zone bleue.

    Il faudra trouver une solution pour que la compensation soit à la fois proche des lieux de résidence et que son prix reste abordable pour tous les habitants du quartier. Il s’agit d’un défi, d’une part, de rééquilibrer les prix du macaron afin que la différence de prix ne décourage pas l’utilisation des parkings souterrains au profit de l’occupation de la chaussée en surface et, d’autre part, il faut mieux exploiter les parkings actuels.

     Le projet de parking  « Clés de Rive »  est tout à fait inutile car les places vacantes existent dans les nombreux parkings du quartier. Ce projet n’est que la volonté de certains entrepreneurs de créer un parking de plus au centre-ville pour les grandes enseignes commerciales des rues basses et les pendulaires travaillants dans l’hyper-centre. Je veux bien qu’on garde l’aménagement de surface de Rive qui est sensé devenir piétonnier mais … l’aspirateur à voiture, non merci !

    La conseillère municipale verte Claudia Heberlein déclarait, dans la Tribune de Genève du 5 septembre 2011, que « si Genève a du retard en matière de zones piétonnes par rapport au reste de la Suisse et de l’Europe, ce n’est pas dû à un manque de propositions, mais bien à cause du conservatisme borné de la droite qui n’a pas lu les signes du temps, et reste cloîtrée au sacro-saint transport individuel motorisé du siècle passé ». 

     

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  • Les rues piétonnes c’est la santé.

    La population de la Ville de Genève a enfin la possibilité, ce 23 septembre, de rendre un peu d’air et d’espaces aux piétons et aux mobilités douces. Les habitants des quartiers de la Ville de Genève étouffent sous le poids des nuisances (bruit, pollution de l’air) liées à un trafic routier en constante augmentation. Il est temps de soulager les habitants des quartiers.

    Les objectifs du projet sont d'améliorer la santé ainsi que la sécurité, et de rendre nos quartiers plus conviviaux, plus sûrs et plus attractifs pour le commerce de proximité. Ainsi, l’Office Fédéral de l’Environnement (OFEV) recommande la création de rues de calmes et de lieux de détente dans les zones urbaines.

    La circulation routière constitue un stress permanent pour les habitants des quartiers, piétons, cyclistes, familles, enfants.   La création de rues piétonnes vise à créer des espaces où les habitants dans leur déplacement dans le quartier n’auront plus à craindre pour leur sécurité.

    Enfin, en Ville de Genève, plus de 40 % des habitant-e-s, soit 80'000 personnes sont touché-e-s par le dépassement des valeurs autorisées d’ozone et de particules fines. Les effets néfastes de la circulation sur la santé touchent surtout les plus fragiles c'est-à-dire les personnes âgées, les enfants et les fœtus. Le bulletin de la ligue pulmonaire de septembre 2007 est très clair «le trafic routier produit une grande partie des poussières fines. Selon les résultats de l’étude SAPALDIA, les individus résidant près de routes très fréquentées sont plus exposés aux difficultés respiratoires.


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  • L’expertocratie à la gouvernance des régies publiques

    Shadoks.jpgLa réforme dite de la « bonne gouvernance » des institutions publiques est une régression dans le domaine de la transparence et d'une bonne gestion démocratique.

    Un des principes de la bonne gouvernance supposerai plutôt le renforcement de la participation des citoyen-ne-s, des salarié-e-s et de leurs représentant-e-s dans la gouvernance de l'entreprise. Il ne s'agit pas ici de plaider pour une co-gestion des régies publiques mais de maintenir un droit d'intervention et de contrôle sur les décisions stratégiques de ces entreprises. La proposition de loi 10679 sur l'organisation des institutions de droit public, en son article 39, envisage la nomination des ¾  des membres (8 membres sur 11) des conseils d'administration des entreprises publiques par le Conseil d'Etat (CE) et seulement 3 par les partis politiques.

    La nouvelle loi concentre le pouvoir entre les mains du Conseil d'Etat et tend à diminuer la représentativité des partis politiques et des représentant-e-s du personnel ce qui nuit au contrôle des institutions publiques. Elle confère trop de pouvoir au gouvernement et empêche le parlement d'exercer correctement et pleinement son rôle de garant du fonctionnement d'entreprises largement financées par les impôts. De plus, une clause stipule que les membres du Grand Conseil ne peuvent siéger dans les conseils d'administration, une méfiance peu compréhensible à l'encontre des élu-e-s du peuple.

    Cette méfiance s'exprime également face aux représentant-e-s du personnel. Aujourd'hui la plupart des Conseils d'administrations comptent 2 à 4 élu-e-s du personnel en fonction de la taille des établissements.  L'article 39 prévoit une réduction de cette représentativité à un  seul membre élu par le personnel.

    Cette méfiance et ce mépris touchent également la représentativité des communes. Au sein des SIG, par exemple, dont les communes détiennent 45% du capital de dotation des SI, elles ne seront représentées que par 2 administrateurs, soit le 18% du Conseil d'administration, alors qu'elles en désignent 8 sur 17  (47%) actuellement.

    On connait le rôle subsidiaire essentiel que joue les communes dans le domaine social, il est donc important qu'elles puissent être représentées de manière conséquente dans le CA de l'Hospice or la nouvelle loi n'en prévoit aucun.

    Si le Conseil d'Etat voulait vraiment améliorer la bonne gouvernance, comme il le prétend, il aurait par exemple inscrit dans la loi une juste représentation des femmes dans les conseils d'administration, il aurait défini clairement les moyens et les objectifs de formation des membres des conseils d'administration, il aurait valorisé les instances de consultation des parties prenantes (consommateurs, collectivigtés, associations, bénéficiaires, etc.). La diversité des profils des membres des Conseil d'administration de nos régies publiques est une richesse pour l'entreprise.

    Pour terminer, cette loi va à l'encontre de la volonté populaire exprimé le 1er juin 2008. La population genevoise avait alors refusé à près de 60% une réduction du contrôle démocratique des SIG, HUG et des TPG. Elle va également à l'encontre de la volonté populaire exprimée enfévrier 2011 contre la fusion des fondations immobilières de droits public.

    Les crises écologiques et financières montrent que les banques et les grandes entreprises ne peuvent être abandonnées à un groupe de pseudo spécialistes cooptés par ceux-là même qui ont pour tâche de gouverner et donc de donner un cadre aux institutions de droit public. L'instauration d'une représentation des citoyen-ne-s, de leurs représentant-e-s, des associations, de toutes les parties prenantes (usagers, patients, clients, bénéficiaires, etc.) contribue à rapprocher démocratiquement l'intérêt de l'entreprise et celui de la communauté.

    Pour cela le 17 juin il faut voter NON à une loi technocratique et antidémocratique.