Genève - Page 4

  • Pour la formation des jeunes : Soutenir et non exclure !

    Mi-août nous avons appris, par la presse, que la Cheffe du Département de l’instruction publique  a décidé de durcir la sélection dans les formations secondaires après le Cycle d’orientation (CO).  Les élèves et leurs parents ont donc reçu, la première semaine d’école, les informations concernant ces modifications,  imposées sans consultation des associations professionnelles ni des associations de parents et d’étudiants.

    Le nouveau règlement limite, pour toutes les formations après le CO, le redoublement et les dérogations, et raccourci le délai pour une interruption d’année à fin septembre comme si trois semaines d’école suffisaient pour porter un jugement aussi définitif sur un élève!  

    En plus, pour les collégiens et collégiennes, le DIP exigera l’obtention de 16 points dans les matières principales en 2ème, 3ème et 4ème année.

    La Cheffe du DIP prétend qu’une sélection plus dure permettra une meilleure orientation des jeunes et une augmentation des places d’apprentissage…

    La nouvelle Constitution genevoise a rendu l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. Dans les grandes villes suisses,  la moyenne d’âge d’entrée en apprentissage est à 18 ans. A Genève, seul 20% des jeunes d’une classe d’âge obtient une maturité au collège. Une formation pour chacun-e selon la formule de la Cheffe du DIP est un objectif essentiel. En attendant, pourquoi mettre les jeunes en échec scolaire ?

    Ce qui semble être recherché, c’est une limitation du parcours de certains élèves dans le secondaire pour ne rien obtenir in fine. Admettons.  Mais alors pourquoi avoir mis en place un règlement en catimini, sans mesures d’accompagnement ? Que vont devenir les élèves « exclus ».

    Aller dans les écoles de culture générale (ECG) qui sont déjà surchargées et les bâtiments insuffisants.  En apprentissage ? Soit, mais que fait le DIP  pour adapter la formation professionnelle ?  Espère-t-on que les entreprises créent des places d’apprentissage d’un coup de baguette magique ! Le risque est de favoriser les décrochages scolaires qu’on prétend combattre.

     La méthode porte avec elle une légère odeur de soufre. En excluant très rapidement les élèves on limite les coûts au DIP, bref on économise sur le dos de la démocratisation des études.

    Comme le dénonçait Mme Betran de la FAPPO (Fédération des Associations de Parents du Post-Obligatoire) dans Le Courrier du 12 août «  Les conditions pour obtenir la maturité ne cessent d’augmenter depuis quatre ans. Il est donc normal que les échecs augmentent au collège » et elle posait la bonne question  «Pourquoi une école si sélective? » en mettant en garde sur le fait que cette politique risque d’augmenter  « la fracture sociale et la paupérisation des couches les moins favorisées. Les jeunes issus de familles aisées pourront toujours se payer une formation dans le privé pour accéder à l’université ».

    Face à ce durcissement, aucune nouvelle mesure n’est annoncée pour renforcer le soutien scolaire dans les écoles secondaires comme par exemple :

    -          organiser des examens de rattrapage dans les établissements du secondaire à la fin de l’été comme c’est le cas à l’Université et dans de nombreux pays européens pour éviter le redoublement  et la démotivation ;

    -          améliorer la cohérence entre les exigences disparates selon les collèges et les professeurs ;

    -          améliorer les moyens des Ecoles de culture générale et Ecoles de commerce et créer de nouvelles places avec un encadrement adéquat ;

    -          augmenter les places d’apprentissage en école et duales ;

    -          mieux former les enseignant-e-s au soutien scolaire et développer le soutien scolaire public et gratuit ;

    -          etc.

    Il est primordial que les jeunes restent scolarisés et ne décrochent pas de leur formation, même lorsque les parcours ne sont pas des longs fleuves tranquilles. Choisir un métier, décider de son avenir n’est pas toujours facile. Pourquoi devrait-on être puni de cela ?

    DIP

  • Champ-Dollon ne garantit plus les droits et la sécurité des détenus ni du personnel pénitentiaire.

    La Ligue Suisse des Droits de l’Homme – Genève (LSDH-Genève) dénonce inlassablement la surpopulation chronique et croissante de la prison de Champ-Dollon depuis de nombreuses années déjà. Elle rappelle régulièrement que des rapports émanant d’organismes internationaux, comme le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), ont depuis longtemps déjà également pris la mesure de la gravité de la situation qui prévaut dans cette prison.

     

    Il y a un an de cela, les gardiens manifestaient eux-mêmes leur mécontentement et leur vive inquiétude lors d’une grève : ils tenaient à alerter les autorités et la population de la situation dramatique et des risques encourus en raison de la surpopulation carcérale, pour eux-mêmes mais aussi pour les détenus.

     

    Depuis un an, la situation n’a encore cessé de se dégrader au point qu’au mois de février dernier, c’est le Tribunal Fédéral, soit la plus haute instance judiciaire suisse, qui tranchait : les conditions de détention à la prison de Champ-Dollon sont telles qu’elles violent le droit et qu’elles constituent, sur le plan juridique suisse, des traitements inhumains et dégradants.

     

    Le 28 mars dernier, c’est le directeur de la prison qui affirmait par voie de presse « passer à côté du drame en permanence ».  La prison de Champ-Dollon n’est de toute évidence plus à même de remplir la mission qui est la sienne… Le même jour, un détenu est retrouvé mort dans sa cellule.

     

    La LSDH a récemment reçu, non sans émotion,  de nombreux témoignages de détenus et de leurs familles. Si la plupart saluent le travail des gardiens et du personnel pénitentiaire (médical, notamment), ils sont unanimes à faire part de leur détresse, des graves conséquences de la situation actuelle sur leur santé, de leur peur même de s’endormir le soir venu, des violences qu’ils sont trop nombreux à avoir subies, du climat de tension extrême dans lequel ils se trouvent tous.

     

    Il y a un an, la LSDH affirmait déjà que des solutions immédiates existent pour désengorger la prison, il faut maintenant que les autorités les appliquent. Leur responsabilité est engagée. D’une part, la privation de liberté n’est pas la seule sanction prévue par le législateur et rien ne justifie que d’autres sortes de sanctions ne soient prononcées chaque fois que cela est possible. D’autre part, et dans ce cadre, le fait d’incarcérer une personne en raison d’une simple infraction à la loi sur les étrangers (LETR) est non seulement contraire à la jurisprudence européenne constante, mais encore tout simplement inadmissible à Champ-Dollon, que ce soit sur un plan éthique, juridique ou pragmatique.

     

    La Ligue Suisse des Droits de l’Homme – Genève tient par la présente à appeler les autorités :

    -          à prendre la mesure des risques que la situation qui prévaut à Champ-Dollon fait courir aux détenus comme au personnel pénitentiaire ;

    -          à respecter les normes que fixe le droit et qu’a rappelées le Tribunal Fédéral ;

    -          à faire honneur à ses engagements en termes de respect des droits fondamentaux.

    -          Elle adresse par ailleurs ce même jour des courriers demandant au CTP (Comité européen pour la prévention de la torture), au CNPT (Commission nationale de prévention de la torture) et à la Commission des visiteurs du Grand Conseil de faire valoir toutes leurs prérogatives afin de contribuer à rétablir des conditions de détention acceptables à Champ-Dollon et à prévenir des drames annoncés.

     

     31 mars 2014

    Pour le comité de la Ligue Suisse des Droits de l'Homme - Section Genève :

    Doris Leuenberger, Alfonso Gomez

     

  • Respectez les pistes et bandes cyclables.

    Ce soir le groupe des "Les Verts" au Conseil Municipale de la Ville de Genève présente une motion qui demande de respecter les cyclistes.

    Elle demande  de « Respectez les cyclistes » sur le partage de la voirie et le respect des aménagements afin de cohabiter et de se déplacer en toute sécurité et de dénoncer, par exemple, le stationnement dangereux des véhicules à moteur occupant l’espace réservé aux vélos et aux piétons. Voici le texte :

    Considérant :

    • que régulièrement les pistes et bandes réservées aux cyclistes sont utilisées par des motos ou autres véhicules à moteur ;
    • que régulièrement les pistes et bandes réservées aux cyclistes sont obstruées par des véhicules en stationnement illicites ;
    • que trop  de motards et d’automobilistes violent l’article 33, al 1 de l’OSR (Ordonnance sur la signalisation routière) qui indique que les pistes et bandes cyclables sont des voies destinées aux cyclistes ;
    • que les voitures, motos et scooters ne sont autorisés ni sur les pistes, ni sur les bandes cyclables.
    • que les cyclistes se trouvent souvent en danger du fait du comportement irresponsable de certains motards ou autres véhicules mal garés sur les pistes et bandes cyclables, obligeant ces derniers à occuper illicitement les trottoirs,

    Le conseil municipal demande au Conseil administratif de prendre des mesures immédiates pour sécuriser les pistes et bandes cyclables en faisant appliquer les sanctions prévues par la loi sur les règles de la circulation routière.

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