20/12/2016

De la nécessité de promouvoir le vélo!

Les habitants de la Ville de Genève renonce généralement à l'automobile, entre autre parce que celle-ci n'est pas adaptée à la densité de circulation  et de population de la Ville. Lors d'une enquête de la Direction Générale des Transports, les genevois ont affiché la nécessité de prioriser les transports publics (45%), la marche (34%) et 11% le vélos[1] au centre-ville.

 Au cœur de la ville, la marche est, de loin, le premier mode de déplacement, et le vélo connaît une croissance exponentielle... Dans ce nouveau paradigme de la mobilité urbaine, nos autorités manquent cruellement d'ambition car leurs projets successifs affichent des objectifs situés très en-deçà des besoins et des attentes. Résultat: une situation chaotique, des règles de circulation et de priorités inadaptés, des signalisations et des aménagements lacunaires.

 La seule réponse tangible des autorités est une opération policière, où amendes et criminalisation priment sur une vision qui devrait pourtant être tournée vers l'avenir.

Aujourd'hui, il s'agit surtout de respecter les volontés populaires exprimées en faveur des mobilités douces et notre gouvernement manque de courage politique pour défendre un tel programme.

 

[1]
 [1] Rapport d’enquête de DGT. Consultation publique du 1er au 30 septembre 2014. Novembre 2014

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16:16 Écrit par Alfonso Gomez dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

17/11/2016

Loin du consumérisme!

Les Verts soutiennent l’initiative 155 « Touches pas à mes dimanches », lancée en 2013 par les syndicats ; elle vise à maintenir le dimanche comme jour férié.

En 1906 (déjà), les mouvements sociaux se mobilisaient en faveur du repos dominical avec le slogan : "C'est dimanche qu'il nous faut" ...

Aujourd’hui, le dimanche reste le jour de la semaine où la plupart des gens ont congé. C’est un moment à part, permettant de se retrouver entre amis, en famille. Or, une ouverture généralisée des commerces le dimanche impliquerait une politique de destruction du lien social.

 

Le dimanche férié rompt la continuité de la semaine et lui donne ainsi un rythme. Il permet de vivre un moment de socialisation et de partage, de vaquer à autre chose qu’au consumérisme ambiant et de choisir à quoi l’on affecte son temps.

 

Le néolibéralisme, en banalisant le travail du dimanche, crée des inégalités et des injustices sociales. Pour la majorité des actifs, travailler le dimanche ou la nuit est assimilé à une contrainte ; celles et ceux qui travaillent durant ces périodes en sont généralement peu satisfaits[1]. Ce décalage a des implications directes sur l’organisation de la vie quotidienne et sur la relation à autrui. Le travail du dimanche constitue un véritable recule des acquis sociaux.

 

Nos statuts des Verts genevois mentionnent à l’article 3 notre attachement à la qualité de vie, c’est pourquoi nous voterons OUI le 27 novembre à l’Initiative 155 et nous la favoriserons face au contre-projet.

 

[1]Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié – Travailler le dimanche : qu’en pensent ceux qui travaillent le dimanche ?, janvier 2009 ;

GAZAVE, Cyrille, ENEL, Françoise, 2006, Enquête sur l’emploi et les rythmes de vie la nuit à Paris, mai 2006.

09:29 Écrit par Alfonso Gomez dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : consommation dimanche

10/11/2014

Quand les habitants prennent les affaires en main : exemple la rue Lissignole

 

Le bâtiment de la rue Lissignol 1-3, propriété de la Ville de Genève devrait être rénové si le conseil municipal de la Ville de Genève accepte un crédit de rénovation. Ce projet est absolument nécessaire et tout le monde en convient aussi bien les professionnels que tous les groupes politiques du municipale. Seulement voilà un front, certes minoritaire, mais assez important pour imposer un 3ème débat au sein du municipale s’est fait jour, emmené par le PLR, l’UDC et … le PDC. Ce front du refus tient plus au choix des futurs locataires qu’au projet lui-même.

Il faut rappeler que nombre d’immeubles du quartier ont été acquis par la Ville de Genève dans les années 1950 dans la perspective de les démolir afin de transformer la rue des Etuves en voie express. C’est grâce à la lutte des habitants et particulièrement celle des Habitants associés de Saint-Gervais et des associations du patrimoine que la Ville de Genève a dû renoncer à ces projets.

L’engagement des associations de quartiers et d’habitants a permis de sauver de la démolition quantités d’immeubles qui chacun permet d’offrir des logements à des prix abordables.

Or ce front du refus de la droite voudrait aujourd’hui « profiter » des travaux de rénovation pour expulser les locataires actuels au prétexte qu’il s’agit pour certains d’anciens squatter et qu’ils sont au bénéfice d’un bail associatif signé  en son temps par un magistrat libérale M. Claude Haegi.  La droite municipale voudrait que cette expérience cesse, qu’un habitat collectif et original ne puisse se développer en Ville de Genève, qu’on ne puisse offrir de logement de qualité à des prix abordables.

Pour répondre aux graves accusations dont certains municipaux ont affublés les locataires actuels ceux-ci ont répondus dans une lettre à tous les membres du conseil municipale que je reproduis ci-dessous :

 

« Mesdames les conseillères municipales, Messieurs les conseillers municipaux,

Au nom de l’association Action Civique Intempestive qui regroupe les habitants et les utilisateurs de l’immeuble situé au 1‐3 rue Lissignol, nous regrettons vivement les propos tenus à notre égard par certains conseillers municipaux, lors des premiers débats sur la PR-978.

Nous avons été blessés par les qualificatifs de “profiteurs”, “parasites” et “sangsues”. Nous tenons à rectifier ici quelques inexactitudes émises à notre propos.

L’immeuble du 1-3 rue Lissignol a toujours été habité légitimement par notre association. Les clefs nous ont été remises en 1989 par Claude Haegi, magistrat libéral alors membre du conseil exécutif de la Ville de Genève. Cette mise à disposition du  bâtiment s’est faite dans le cadre formel d’un contrat de confiance entre la Ville de Genève et notre association.

Ce contrat a été signé par les deux parties et renouvelé depuis tacitement de mois en mois. Dans le cadre de ce contrat de confiance, la Ville nous a demandé de verser une contribution de solidarité de 50 francs par mois par habitant à l’association Carrefour-Rue. Cette contribution a été jugée adéquate par la Ville eu égard à l’état très dégradé de l’immeuble et au fait que tous les travaux de remise en état et d’entretien seraient à la charge de l’association. Notre association s’est acquittée régulièrement du versement mensuel de cette contribution financière, sauf durant une période d’instabilité de deux années, il y a plus de dix ans.

Par ailleurs, depuis octobre 2010, nous avons doublé le montant de nos versements mensuels. En vingt‐cinq ans, l’association Action Civique Intempestive a versé 420'000 francs à l’association Carrefour-Rue.

Mais nous voulons surtout insister ici sur les motivations qui nous animent depuis vingt-cinq ans : nous défendons un mode d’habitat différent du logement locatif individualisé qui trop souvent isole les citoyens derrière leur porte palière.

Nous aspirons à un mode d’habitat collectif, ouvert, solidaire et convivial. Pour y parvenir,  nous favorisons le développement d’espaces communs qui permettent aux habitants de se réunir, ainsi que d’espaces de création artistique et d’espaces ouverts sur le quartier pour des activités sociales et culturelles. Nous tenons à l’avenir à poursuivre ce mode de vie dans le cadre d’un bail associatif avec la Ville de Genève. Cette dernière  ne fait pas un geste de favoritisme en nous faisant passer devant d’autres ayant-droits, mais un geste de politique sociale dans le but d’expérimenter, au sein de son parc immobilier, d’autres façons d’habiter et de vivre ensemble.

Enfin nous rappelons que, dans le cadre de ce bail associatif, les habitants du 1-3 rue Lissignol seront soumis au règlement de la Gérance immobilière municipale.

Nous espérons que vous serez nombreux à nous suivre dans ce projet en acceptant la PR-978 à la fin du troisième débat et nous vous transmettons nos meilleures salutations,

Pour l’Association Civique Intempestive »

Ce type d’expérience collective apporte la preuve que nos sociétés ne sont pas uniquement une collection d’individus à la recherche de leur seul intérêt individuel, sous l’autorité d’un Léviathan bienveillant qui veillerait sur l’intérêt générale. Elle relève que les citoyens sont prêts à s’organiser pour résoudre les problèmes de nos sociétés. C’est de ce type d’initiative collective que sont issues les futures politiques publiques qui, au fil du temps, assureront un meilleure « vivre-ensemble » et finalement une meilleure sécurité à tous.

 

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00:14 Écrit par Alfonso Gomez dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)