Pour la création d’une commission de la transition écologique en Ville de Genève.

Devant la multiplication des objets concernant la transition écologique, les Vert.e.s du Conseil municipal de la Ville de Genève ont réclamé la création d’une commission dédiée afin de mettre en œuvre très rapidement les idées et les propositions des différents groupes qui vont dans ce sens. L'urgence face à laquelle nous nous trouvons doit impliquer un traitement de plus en plus rapide des objets. La création de cette commission devra accentuer encore davantage la réflexion et le dépôt systématique de véritables projets écologiques.

Par les temps qui courent, c'est-à-dire à quelques mois des élections, la sensibilisation grandissante de l'ensemble des acteurs politiques à la cause écologique me semble être une bonne chose. Je salue la préoccupation de la classe politique pour ce sujet, qui devrait continuer en tout cas jusqu'en mars 2020. Dans cette optique, il conviendrait de traiter l'ensemble des objets traitant de l’écologie, de la mobilité douce et de la biodiversité dans une commission ad hoc qui pourra s'y dédier rapidement. Ce d'autant plus que les dangers causés par la pollution sont extrêmement importants et qu'une réaction immédiate est nécessaire. Aujourd'hui, il n'est plus minuit moins cinq, mais minuit et une minute, si j'ose dire; il nous faut donc prendre des mesures adéquates afin que la Ville de Genève puisse sans plus attendre traiter et mettre en pratique l'ensemble des propositions qui émanent des groupes politiques représentés au Conseil municipal.

Comme les Verts ont eu à plusieurs reprises l'occasion de le dénoncer, le bilan écologique de la Ville de Genève est encore insuffisant aujourd'hui. Je passe sur notre taux de récupération des déchets, par exemple, qui ne dépasse guère les 45%, alors que la Ville avait pour ambition de dépasser les 70% à la fin de cette législature. Quant au Conseil administratif, le fleuron de ses projets est la construction d'un méga-parking en plein centre-ville... Nous le voyons à travers les budgets successifs: les objectifs environnementaux ne semblent toujours pas être la priorité des priorités, en Ville de Genève.

Pourtant, plus personne ne peut ignorer aujourd'hui les dangers de la crise écologique. Les différents types de pollution mettent en danger la santé de la population et la biodiversité. Nous savons qu'en 2050 il y aura dans les mers plus de tonnes de plastique que de poisson, si nous continuons à consommer comme nous consommons. Nous savons aussi que, si nous continuons à construire à la vitesse où nous construisons et de la manière dont nous construisons, si cette consommation n'est pas stoppée ou, au moins, fortement réduite, il n'y aura plus aucune plage de sable en 2100. Notre modèle de consommation en général s'accroît de manière inquiétante avec le commerce en ligne, qui assèche nos ressources et produit des quantités de plus en plus grandes de déchets et de polluants.

Heureusement, les Vert.e.s constatent avec satisfaction que les autres partis politiques rejoignent enfin cette préoccupation. Ils commencent à faire des propositions, de nombreux textes concernant l'écologie ont été déposés depuis plusieurs mois déjà. Cette accélération est certainement en partie due aux élections à venir, mais aussi, je le reconnais - ou du moins je l'espère -, à une certaine prise de conscience. Ces objets doivent être traités le plus rapidement possible. De nombreuses villes expérimentent des projets dans les domaines de la mobilité douce, de la diminution des déchets et notamment de l’interdiction l'utilisation du plastique, du développement d'une économie de proximité, du renforcement de l'Agenda 21 et de ses objectifs.

Il paraît donc logique et efficace de créer sans tarder une commission de la transition écologique. En créant cette commission, la Ville de Genève donnera une réponse concrète à sa population et surtout à sa jeunesse, qui demande que les politiques prennent conscience de l'urgence écologique et adoptent des mesures précises pour y remédier. Genève doit rejoindre les autres cités dans cet effort et être à la pointe en matière de transition écologique. C'est un vrai projet politique, un défi à relever - tous ensemble, si possible.

Comme l'a dit très justement le lauréat du prix Nobel Jacques Dubochet, la gouvernance climatique mondiale s'apparente à un paquebot dont le gouvernail serait bloqué. Ce ne sont probablement pas les décisions des États qui parviendront à la faire changer de cap, mais plutôt la société civile, les villes et les régions, avec l'appui d'entreprises qui anticipent un changement de route. Ce sont eux, les hérauts de la transition.

J'espère que certains hommes et femmes politiques qui ont pris le virage de l’écologie ne resteront pas au milieu du gué ou ne feront pas de sortie de route, mais qu'ils prendront vraiment ce virage en acceptant les conséquences un peu particulières que ces mesures impliqueront parfois. En matière d'écologie, on dit souvent qu'on peut toujours préférer l'original à de pâles copies. Pour ma part, j'invite l'ensemble des conseillers municipaux et des conseillères municipales à devenir maintenant partie prenante de cette originalité en votant notre projet de création d'une commission de la transition écologique.

 

Alfonso Gomez

Candidat des Vert.e.s. au Conseil administratif de la Ville de Genève

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