Les saisonnières et les saisonniers de Suisse : des destins plus que jamais d’actualité.

Vous êtes toutes et tous invité-e-s au vernissage de l’exposition «Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931–2019», le mardi 29 octobre à 18h au Commun - bâtiment d’art contemporain.

Cette exposition est l’une des concrétisations de la motion déposée il y a 10 ans par Christian Lopez Quirland au Conseil municipal de la Ville de Genève et qui demandait de rendre hommage aux saisonniers «parce qu’ils ont construit la Suisse ». L’exposition, initiée par la Ville de Genève, a été réalisée par le Collège du travail, les Archives contestataires et Rosa Brux. Elle se poursuivra jusqu'au 24 novembre et nous proposera un éclairage historique, mémorielle et artistique du statut de saisonnier, avec visites guidées, publication, projection de films et débats.

Les « permis A » - sept millions de personnes au fil des décennies ! - n’avaient pas le droit de changer d’employeur durant leur séjour en Suisse, n’avaient pas le droit d’ammener leur famille, n’avait aucune garantie d’installation, de regroupement familial ou de prise en charge par l’assurance chômage. Etre saisonnier signifiait n’avoir pratiquement aucune protection sociale.

L’aspect le plus révoltant de ce statut fut sans aucun doute l’interdiction pour les enfants des travaileuses et travailleurs saisonniers, forcémment clandestins, d’accéder à une scolarité dans nos écoles. Ces enfants restaient donc cachés, souvent enfermés chez eux.

C’est pour remédier à cette situation innaceptable du point de vue des droits humains que le CCSI, en lien avec d’autres partenaires et des militant.e.s, crée alors l’Association pour la reconnaissance et l’encadrement des enfants sans statut légal (AGRES) qui donne naissance à La Petite École : une école clandestine, pour des enfants clandestins.

Heureusement, comme dans bien d’autres domaines, Genève a été précurseur pour améliorer le sort des saisonnières et des saisonniers. Le Centre de Contact Suisses – Immigrés a joué un rôle prépondérant aux côtés des autorités, qui eurent alors un véritable courage politique – on se souvient toutes et tous en 1986 du Conseiller d’État Dominique Föllmi, tenant la main d’une fillette sans papiers pour l’accompagner à l’école publique. Un peu plus tard, ce sont tous les enfants sans papiers qui seront scolarisés.

Force est de consater que la question de la migration, sous toutes ses formes et avec ses divers statuts n’en finit pas d’agiter la politique suisse. Les initiatives Schwarzenbach des années 70 contre la « surpopulation étrangère » ont été suivies par les initiatives « Pour le  renvoi des criminels étrangers », « Ecopop » ou encore actuellement «Contre l’immigration de masse» proposée par l’UDC. On le constate, alors même que nous nous apprêtons à célébrer les 30 ans de la Convention des Nations-Unies sur les droits de l’enfant, l’histoire se répète et il est plus que jamais nécessaire de témoigner de notre solidarité avec les personnes en situation de migration. Le débat sur les conditions de travail en Suisse et la migration, en présence de Marianne Halle, du Centre de Contact Suisses – Immigrés (CCSI), Pierre-Yves Maillard de l’Union syndicale suisse et le syndicaliste Jacques Robert qui aura lieu le mardi 19 novembre à 19h à la Maison Internationale des Associations en sera l’occasion.

Venez nombreuses et nombreux le 29 octobre pour découvrir cette exposition qui rend hommage à celles et ceux qui ont fait la Suisse !

Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Humeur 4 commentaires

Commentaires

  • Je me souviens que les travailleurs italiens arrivant en train étaient obligés de descendre à la gare de Brigue et de subir un contrôle sanitaire. Ceux qui étaient malades étaient renvoyés en Italie. Maintenant la Suisse laisse entrer des migrants sans aucun contrôle et ces gens nous amènent des maladies qui étaient, jusqu'à maintenant, inconnues chez nous. Donc l'ancien système était bon.

  • Monsieur, rien ne vous permet d'affirmer cela. A quel étude faites vous références ?
    "Les problèmes de santé des réfugiés et des migrants sont semblables à ceux du reste de la population, même s’il arrive que la prévalence en soit plus élevée dans certains groupes. Chez les migrants nouvellement arrivés, les problèmes de santé les plus fréquents sont les blessures accidentelles, l’hypothermie, les brûlures, les problèmes cardiovasculaires, les complications de la grossesse ou de l’accouchement, le diabète et l’hypertension. Les femmes migrantes sont, pour leur part, confrontées à des difficultés particulières touchant notamment à la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, à la santé sexuelle et reproductive et aux violences."
    https://www.who.int/features/qa/88/fr/

  • Oui je me souviens de ces saisonniers logés dans des baraques en bois près de l'aéroport, c'était choquant !

    L'hommage rendu est entièrement mérité !

  • Je vous recommande de regarder ce magnifique reportage de Raphaël ENGEL.
    Un film sur une Suisse qui avait imposé aux travailleurs saisonniers un régime «sans famille» Des drames de l'enfance qui résonnent avec la situation actuelle

    Les enfants du placard.

    https://pages.rts.ch/emissions/temps-present/immigration/856134-les-enfants-du-placard.html?anchor=856136#856136

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