30/10/2011

L’heure de vérité fiscale, sonne !

Le Canton annonce une perte budgétaire en 2012 d'environ 500 millions de francs. La moitié de cette perte peut dore et déjà être imputé a la baisse fiscale du 17 mai 2009. A l'époque nous étions quelque uns à nous être opposés à cette mesure qui supposait des diminutions fiscales de 700 millions de francs sur 2 ans, soit environs 350 millions de francs chaque année.

Nous nous étions opposés à cette baisse fiscale car cela ne nous semblait pas « être une mesure anti cyclique ». Cette mesure se présentait en faveur des classes moyennes et des familles pour une relance de la consommation. Or cet comme nous l'avions soulignés à l'époque, cet argument s'est révélé erroné car le faible gain de pouvoir d'achat de cette mesure à été anéantie par les hausses des loyers et surtout par les hausses des primes d'assurances, véritable machine à décapiter le pouvoir d'achat des familles. Si on avait véritablement voulu aider les classes moyennes c'est à travers une augmentation conséquente des allocations pour les enfants majeurs, par exemple, qu'on aurait été bien plus efficace.

Mais il y a plus grave ; la législation genevoise stipule qu'il n'est pas possible d'avoir plus de deux exercices déficitaires. Si cela ce produit, le Canton doit proposer soit une coupure dans les dépenses et les prestations soit une augmentation de ses revenus.

La crise économique semble s'installer durablement et les années 2012 et 2013 seront des années difficiles. Nous nous retrouvons avec des besoins accrus au niveau social, sécuritaire, transport et au niveau éducatif. La nécessité d'une politique de relance des investissements pour favoriser la rénovation du parc immobilier devient urgente, surtout si nous envisageons sérieusement de diminuer la facture énergétique et nous soustraire du nucléaire. Or c'est au moment où ces investissements se font le plus urgent que le Canton se retrouve sans moyens pour pouvoir mener à bien ces politiques.

L'impôt est un élément constitutif de l'Etat moderne, lui sert à réguler l'activité économique et à diminuer les inégalités que génère le système d'échange. Il faut rétablir l'impôt et un véritable impôt progressif.

Il est temps de changer de politique. La crise a largement démontré que les cadeaux fiscaux et autres boucliers n'ont fait qu'attiser l'appât du gain sans limite faute de frein fiscal efficace. Il est temps de revenir sur le désarmement fiscal qui a eu cours ces dernières décennies. C'est non seulement souhaitable moralement mais également nécessaire économiquement.

 

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22:57 Écrit par Alfonso Gomez dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : economie, fiscalité. genève

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