13/06/2011

Une croissance infinie reste inconcevable dans un monde fini.

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Pour les adeptes de la décroissance il est difficile en ces temps de crises de faire valoir que leur logique correspond à la solution du moment.

En effet, depuis  Keynes  nous savons, ou croyons savoir, que la croissance est favorable à l'emploi. Il faut donc très vite relancer une croissance, (au besoin « verte », crise écologique oblige), afin de donner du travail et des perspectives aux laissés pour compte de nos sociétés.

Si cette « loi économique» a été plus ou moins vérifiée dans le passé, nous constatons que les plans de relances depuis 1945 ont eu de moins en moins de succès. Les solutions de Keynes sont des solutions de politiques économiques conjoncturelles, or nos crises sont de plus en plus de nature systémique. Elles puisent leur origine dans la transformation d'une économie industrielle vers  la financiarisation de l'économie depuis le milieu des années 70.

Les promesses de rentes futures, grâce aux actifs détenus sous forme de liquidités financières, ont eu pour conséquence une pression sur les entreprises cotées en bourse afin d'obtenir des « rendements » chaque fois plus importants et souvent faramineux.

Cette logique « productiviste financière » aidée par des penseurs souvent couronnés par des prix Nobel, des postes ministériels ou des conseils d'administration a eu pour conséquence une gestion du résultat immédiat.

Il fallait des volumes de production et d'innovation très importants pour répondre aux exigences des actionnaires qui  « réclamaient » leurs récompenses.  Mais cela ne suffit pas, car en bonne logique économique, il faut aussi un acheteur, il faut donc faciliter l'accès au crédit et l'accès aux marchés.  La  dérégulation des marchés, la mondialisation, la baisse des taux d'intérêts et la facilité d'accès aux produits des consommateurs par l'emprunt ont été les voies choisies.

La conséquence est assez évidente : des marchés immobiliers en état de coma, des déficits faramineux pour les ménages et les entreprises, et pour couronner le tout, des Etats qui se retrouvent avec des dettes ingérables qui auront pour conséquence un véritable démantèlement de l'Etat comme dans le cas de la Grèce.

Cette logique de rendement élevé et de croissance à tout prix a aussi infiltré la pratique citoyenne dans la culture et la vie quotidienne. Nous vivons une époque de l'immédiateté, de la consommation instantanée, du résultat à coup sûr.

Par contre, ce qui détruit la biodiversité, le climat, l'eau, les ressources naturelles et l'alimentation n'est pas comptabilisé, tout comme les conséquences de la pauvreté et des inégalités sont passées sous silence sans que l'on mesure les coûts humains et écologiques de ces politiques du court terme.

Nous pouvons proposer autre chose en alternative de cette logique productiviste.

Il s'agit, de favoriser les emplois, les commerces, le travail de proximité. Personne ne demande aux plus démunis d'être sobre, il s'agit de croire à une solidarité du local au global, au partage. Partage du pouvoir politique et économique, des ressources économiques, du travail et du capital.

Nous pouvons produire et consommer autrement et plus sobrement. Il s'agit de réorienter, par la fiscalité par exemple, nos habitudes d'achats vers des produits « propres », durables,  à faibles utilisation d'énergie.  Nous pouvons aussi modifier nos politiques industrielles vers des utilisations des ressources plus propres comme l'ont fait les allemands lors de la coalition rose-verte. Pour terminer, nous devons favoriser financièrement et politiquement une production paysanne, basé sur l'utilisation durable des ressources naturelles.

 

15:36 Écrit par Alfonso Gomez dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : economie, décroissance

Commentaires

Si, au niveau mondial, on obtenait une harmonisation fiscale qui décourage l'accumulation éhontée de bénéfices et de revenus, les clients des multinationales seraient moins incités à acheter des produits inutiles à faible durée de vie, la planète serait moins détruite, etc. Le principal problème est la démission des politiques devant les financiers dont ils ne sont plus que les pantins. Keynes pouvait encore croire au pouvoir de l'Etat, nous presque plus, surtout s
i la moitié des citoyens ne jugement plus utile de voter.

Écrit par : ORSINI Magali | 13/06/2011

Bravo.

Démondialisation, dépopulation, décroissance sont nécessaires pour assurer un futur raisonnable et surtout la paix.

Les Japonais sont les plus grands massacreurs de baleines et de forêts... chez les autres, mais il respectent tellement leurs propres forêts qu'ils préfèrent construire à basse altitude en bord de mer. Leur arrogance a été punie. Combien de catastrophes causées par l'homme et de guerres faudra-t-il encore pour assécher la volonté de puissance et d'accumulation de nos nomenklaturas?

Écrit par : Johann | 13/06/2011

si info véridique et lue sur actualités de Pologne ce pays qui a aussi une main d'oeuvre Chinoise se lance dans la démographie espérant voir baisser son taux de natalité,exemple Chinois sans doute,je connais un Pape qui s'il était encore vivant n'aurait jamais accepté mais lui mort vive la vie pour les spéculateurs sans oublier la mort du Président jumeau de l'actuel qui lui voyait clair dans le jeu des ennemis de son peuple

Écrit par : lovsmeralda | 14/06/2011

L'enjeu est maintenant de faire des propositions concrètes, mais elles sont malheureusement rares (même s'il y a quelques exceptions et même chez certains universitaires, par exemple : http://yannickrumpala.wordpress.com/tag/decroissance/ ). Sinon, le risque est de continuer dans les discussions trop générales pour embrayer sur quoi que ce soit de crédible.

Écrit par : TT | 18/06/2011

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