14/04/2011

La suppression du RMCAS, un déni de sécurité sociale !

RMCAS.gifSi la sécurité sociale représente une conquête majeure du XXe siècle, elle est aussi un des fondements de cohésion sociale et par conséquent du bien être de notre pays.

Elle est la concrétisation d'une société solidaire. Cela se manifeste, entre autres, par le fait que les prestations sociales ne relèvent pas de l'aumône mais d'un droit que l'on pensait acquis. Ainsi. La sécurité sociale  permet la redistribution des richesses, ô bien légèrement, et atténue les inégalités de la vie et celles engendrées par nos sociétés.

Depuis quelques années la droite cherche à diminuer les charges de l'Etat par le biais des diminutions des prestations et singulièrement par le recul de la protection sociale. Ainsi le niveau des prestations et services se réduit et les charges laissées aux usagers s'accroissent, nous le voyons explicitement avec la nouvelle loi sur le chômage ou la diminution des prestations couvertes par la LAMAL.

Les conséquences sont bien entendu dramatiques car elles font sortir les plus faibles et les plus démunis des mécanismes dynamiques de réinsertion pour être enfermés dans ceux de l'assistance sociale. La conséquence est une explosion de l'assistance qui ne pourra pas faire face aux demandes si ce n'est au prix d'une diminution des aides de l'assistance sociale.

Pour les personnes tombant dans cette spirale de paupérisation il ne reste comme solution que d'accepter n'importe quel travail à n'importe quelle condition et ainsi contribuer bien malgré eux à une pression sur les salaires.

La suppression du RMCAS (Revenu Minimum Cantonal d'Aide Sociale) était le dernier filet du chômage avant l'assistance publique. Le Canton et le parlement genevois n'ont pas hésité à supprimer ce mécanisme intermédiaire, entre la sécurité sociale et l'assistance, de l'insertion socioprofessionnelle. 

Ce mécanisme avait été créé en 1995 par Guy Olivier Segond pour venir en aide à ceux qu'on a appelé les « fin de droit » (tout un aveu !) Il est paradoxale que ce soit son ancien bras droit qui soit le fossoyeur de ce droit et d'un morceau de notre cohésion sociale. Mais cela est bien dans la logique de radicalisation de la droite genevoise.

Il faut urgemment une autre politique en matière sociale et en matière d'emploi. Se contenter de transvaser la population du chômage à l'assistance ne peut pas être une solution. Ni budgétaire, ni humaine.

21:10 Écrit par Alfonso Gomez dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

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