Air du temps

  • Pollution lumineuse: redécouvrir les bienfaits de la nuit

    Tout le monde a déjà assisté à la scène: des insectes qui confondent un réverbère avec la lune, tournant frénétiquement en rond, avant de mourir d’épuisement. Si elle paraissait encore anodine il y a peu, on en mesure aujourd’hui les conséquences. Chaque nuit d’été, ce sont quelque 150 insectes qui meurent sous chaque lampadaire. La pollution lumineuse ne participe pas seulement à l’effondrement des insectes: elle désoriente les oiseaux migrateurs, a des effets néfastes sur la santé de l’homme et touche directement la science, les astronomes ayant davantage de difficultés à observer le ciel.  Alors que l’essentiel de la biodiversité fonctionne la nuit, la pollution lumineuse apparaît enfin comme une forme de déprédation à combattre, au même titre celle de l’air, des sols, de l’eau ou du bruit.

    Dans ce combat, Genève s’apprête à faire un grand pas dans la nuit de jeudi à vendredi. Sous l’impulsion d’Eric Achkar, président de la Société astronomique de Genève, et de Pascal Moeschler, conservateur au Muséum d’histoire naturelle et directeur du Centre des chauves-souris, une action de sensibilisation aussi colossale que poétique, intitulée La nuit est belle, a été mise sur pied. Pour que les Genevois.e.s prennent conscience du fléau de la pollution lumineuse, elles et ils sont invité.e.s à lever les yeux au ciel pour admirer les étoiles. Grâce aux 144 communes du Grand Genève qui éteindront entièrement ou partiellement la lumière jeudi 26 septembre, Saturne et ses anneaux, la Voie lactée ainsi que la galaxie d'Andromède seront à portée de vue. Une expérience sans précédent en Europe.

    Malgré les économies induites grâce aux LED, l’éclairage nocturne a augmenté de plus de 20% dans la région ces 20 dernières années. Or, pour réduire considérablement notre consommation, il existe des mesures simples, peu coûteuses et immédiatement efficaces, sans perte de confort. En Ville de Genève, la marge de progression est importante. C’est pour cette raison que les Verts ont déposé en janvier devant le Conseil municipal une motion demandant à l’Exécutif de diminuer l’intensité et la durée de l’éclairage public, tout en s’assurant du maintien du sentiment de sécurité de la population. Le texte demande aussi d’implémenter la nouvelle norme SIA 491, qui offre une aide importante et concrète pour limiter les émissions inutiles de lumière. L’éclairage dynamique, par détection, constitue une réussite au Sentier des Saules. Il faudra songer à d’autres lieux.

    Si les autorités ont leur rôle à jouer, il s’agira également de sensibiliser le privé à une utilisation rationnelle de la lumière: il reste au plus fort de la nuit trop d’écrans publicitaires dans les vitrines, qui se donnent en spectacle dans des rues désertes.

    En la matière, la France montre l’exemple. Elle applique depuis 2013  l'obligation d'éteindre les enseignes lumineuses et les vitrines entre 1h et 6h du matin. Par ailleurs, de nombreuses communes frontalières - Saint-Julien, Sauverny, Archamps - tirent déjà la prise tout ou partie de la nuit. En Suisse aussi, les communes du Val-de-Ruz éteignent leur éclairage public, sauf sur les passages piétons, de minuit à 4h45. Si Genève reste pour l’heure pauvre en la matière, gageons qu’après avoir regardé vers le ciel, les Genevois.e.s inciteront leurs autorités à davantage d’audace.

    Alfonso Gomez,

    Candidat des Vert.e.s au Conseil administratif de la Ville de Genève et conseiller municipal

     

    PS : Plus d’informations sur www.lanuitestbelle.org

    PSbis : Motion du 15 janvier 2019 de MM. et Mmes Alfonso Gomez, Uzma Khamis Vannini, Omar Azzabi et Marie-Pierre Theubet: «Pour la sauvegarde de la nuit dans la Ville de Genève».

    https://conseil-municipal.geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/detail-objet/objet-cm/1401-176e/

  • Climat : de New York aujourd’hui à Berne samedi, il est temps d’agir !

    La gouvernance climatique mondiale s’apparente à un paquebot dont le gouvernail serait bloqué. Ce ne sont probablement pas les décisions des États qui parviendront à lui faire changer de cap mais plus sûrement la société civile. Les villes et les régions, avec l’appui des entreprises qui anticipent un changement de route, sont les hérauts de la transition. Cette mobilisation grandit partout sur la planète.

    Le monde entier a manifesté le 20 septembre. En Suisse,c’est samedi prochain,le 28 septembre,que nous nous donnons rendez-vous à Berne. Toutes générations confondues, nous exigeons une politique climatique cohérente, pour enfin protéger le fondement de notre vie ! Nous voulons aussi que les entités publiques, les caisses de pension, la BNS et les grandes banques désinvestissent de toutes les énergies fossiles. Solidaires, nous demandons également que la justice climatique soit faite, pour que toues les personnes habitant sur cette planète aient une vie digne.

    Aux quatre coins du monde, des millions de jeunes sont descendus dans la rue vendredi dernier. Une année après que Greta Thunberg a lancé le mouvement Friday for Future, c’est un immense espoir qui naît tout autour de la planète. De Sydney à Paris, de Bruxelles aux îles Vanuatu, et bien sûr, à New York, une vague mondiale déferle sur les responsables politiques et économique du monde entier.

    Les jeunes n’ont pas fait que protester, elles et ils se sont aussi réuni.e.s pour proposer des solutions à la crise climatique. En amont du Sommet Action Climat des Nations-Unies d’aujourd’hui, la jeunesse est en mouvement pour tenter de sauver les Accords de Paris. Il s’agirait alors de ne pas dépasser 1,5° d’ici à la fin du siècle. 2100, quand on a 20 ans en 2020, c’est après-demain : les petits enfants de cette génération auront alors tout juste la quarantaine…

    Sous les auspices du secrétaire général des Nations-Unies Antonio Gutierres – à qui il faut rendre hommage pour cette initiative - , ce sont cette fois-ci les chef.fe.s d’État qui doivent prendre ici et maintenant leurs responsabilités. Nous ne pouvons plus attendre ! Selon des documents servant de base préparatoire au sixième rapport d'évaluation du groupe des experts de l'ONU sur le climat (GIEC), prévu pour 2021-2022, la planète se réchauffe plus rapidement que prévu. Si rien n’est entrepris pour baisser nos émissions de carbone, les températures pourraient être de +7° dans 80 ans !

    Autant dire que l’on pourrait alors mettre la clé sous le paillasson : même avec des températures de °4 à 6° supérieures à celles que l’on connaît aujourd’hui, les sommets onusiens n’auront plus lieu à New York, puisque la Grosse Pomme sera sous l’eau… Pour éviter le scénario du pire, prenons les jeunes au mot et agissons ! Agissons pour respecter le scénario le plus optimiste des expert.e.s du GIEC (Accords de Paris compatible), qui veut que l’on atteigne la neutralité carbone en 2060 sur l’ensemble du globe.

    A trois semaines des élections fédérales, mobilisons-nous et empêchons l’UDC et le PLR de maintenir leur majorité à Berne. Il en va de la transition énergétique que nous devons impérativement prendre lors de la prochaine législature.

    Il faut une Suisse avec une politique plus Verte… en faveur de l’environnement, du climat, d’une économie durable et de la justice sociale.

    Localement, nous devrions viser la neutralité carbone en 2030, comme le demande une motion des Verts au Grand Conseil genevois.

    Aujourd’hui seulement 2% des énergies utilisées pour nous chauffer sont produites par des énergies renouvelables … En Ville de Genève, nous devons réduire drastiquement l’énergie consommée par le parc immobilier de la Ville, en le rénovant massivement… Réduire l’impact des énergies fossiles dans nos villes en favorisant les transports publics et les mobilités douces, en privilégiant les circuits courts de distribution et de travail, en mettant à disposition des aliments sans viande et sans pesticides dans nos écoles, nos cafétérias publiques et lors de tout événement public.

    L’urgence climatique impose des mesures fortes, nombreuses et diverses pour donner corps à un vieux slogan : « un autre monde est possible ».

    Il en va de l’avenir de nos enfants, de leurs petits-enfants, et de celles et ceux qui auront 40 ans en l’an 2100.