Alfonso Gomez

  • Prêtons attention à nos seniors !

    « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres », dit le préambule de la Constitution suisse. Une maxime qui doit se répéter à tous les échelons de la démocratie helvétique. Et notamment au niveau municipal, celui de la proximité, où l’on est proche des gens, où on les connaît.

    Depuis quelques mois, voire depuis quelques années, ledit préambule est mis à mal en Ville de Genève. Dans un cadre bien précis : celui du logement social. La municipalité détient de longue date un parc locatif de près de 5’000 logements. Certaines personnes y louent un bien depuis des décennies. L’âge avançant, elles ont perdu des proches, parfois leur conjointe ou leur conjoint. Les enfants volent de leurs propres ailes depuis belle lurette. Et voilà que la régie s’intéresse subitement et abruptement à leur cas.

    La Gérance immobilière municipale (GIM), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, découvre que les personnes ne remplissent plus les critères relatifs à son règlement. Notamment en termes de taux d’occupation (une personne de moins que le nombre de pièce), voire de ceux de revenu et de fortune. Dans ce cas de figure, la régie ne prend pas de gants pour signifier aux personnes, parfois âgées, que c’en est fini de leur bail à loyer. Dans une Ville et un canton où le taux de vacances se situe à moins de 0,5 %, ne pas proposer de solution de relogement est indigne.

    La GIM, qui jongle à longueur de journée avec les chiffres, prend également ses locataires pour des numéros ! Et oublie que derrière chaque bien qu’elle met à disposition, il y a une histoire de vie, un réseau social, qui s’est petit à petit constitué dans le quartier, des habitudes prises, de l’entraide avec les autres locataires. Bref, la vie, quoi !

    La GIM est un service de la Ville de Genève, comme l’est le service de l’espace public ou le service social. Ce dernier fait de la lutte contre l’isolement des personnes âgées l’une de ses priorités ! « Ville amie des aînés », la Cité de Calvin a mis en place depuis 2015 une Politique de la vieillesse, axée sur le principe du « bien vieillir ». Alors que l’on vient de célébrer les « Promo Seniors », les 100 ans de Pro-Senectute, ainsi que la Journée internationale des personnes âgées, on se dit que quelque chose cloche et que notre administration n’est pas à l’unisson.

    Le lundi 14 octobre lors de la séance du Conseil municipal de la Ville de Genève, nous allons revenir sur différents aspects relatifs aux conditions de location pour les seniors. L’association des locataires de la GIM (ALGIM), qui s’est créée en mars 2018 pour venir en aide aux personnes lésées, sera particulièrement attentive aux prises de parole qui se succéderont. Membre de l’Asloca, l’association a fourni un travail titanesque depuis sa création, permettant heureusement de débloquer bien des situations.

    A l'heure,

    • où les retraites rétrécissent comme peau de chagrin,
    • où des solutions politiques et financières doivent être trouvées pour faire face aux changements d'équilibre liés au vieillissements de la population,
    • où la place des ainé.e.s dans la société doit être mieux prises en considération, ainsi que leur droit de vivre toutes les dimensions de la vie sociale et dans la sécurité,

    il est indispensable de positionner la Ville de Genève à la point de la protection des seniors et notamment lorsqu'ils/elles sont locataires d'un bien appartenant à la municipalité.

    Alfonso Gomez, Conseiller municipal, trésorier de l’Asloca et Candidat vert au Conseil administratif

  • EVALUER AVANT D’ÉLIRE !

    Les prochaines élections fédérales auront lieu dans quelques jours et déjà les candidat.e.s, crise climatique oblige, adressent de nom­breuses promesses écologiques. En période électorale, on ne prend pas toujours le temps de se pencher sur les réalisations de la législature passée pour éclairer notre choix. En tant que Président de PRO VELO Genève, je vous propose donc un petit regard dans le ré­troviseur afin d’évaluer qui a promu le vélo ces cinq dernières années à Berne.

    Lire la suite

  • Pollution lumineuse: redécouvrir les bienfaits de la nuit

    Tout le monde a déjà assisté à la scène: des insectes qui confondent un réverbère avec la lune, tournant frénétiquement en rond, avant de mourir d’épuisement. Si elle paraissait encore anodine il y a peu, on en mesure aujourd’hui les conséquences. Chaque nuit d’été, ce sont quelque 150 insectes qui meurent sous chaque lampadaire. La pollution lumineuse ne participe pas seulement à l’effondrement des insectes: elle désoriente les oiseaux migrateurs, a des effets néfastes sur la santé de l’homme et touche directement la science, les astronomes ayant davantage de difficultés à observer le ciel.  Alors que l’essentiel de la biodiversité fonctionne la nuit, la pollution lumineuse apparaît enfin comme une forme de déprédation à combattre, au même titre celle de l’air, des sols, de l’eau ou du bruit.

    Dans ce combat, Genève s’apprête à faire un grand pas dans la nuit de jeudi à vendredi. Sous l’impulsion d’Eric Achkar, président de la Société astronomique de Genève, et de Pascal Moeschler, conservateur au Muséum d’histoire naturelle et directeur du Centre des chauves-souris, une action de sensibilisation aussi colossale que poétique, intitulée La nuit est belle, a été mise sur pied. Pour que les Genevois.e.s prennent conscience du fléau de la pollution lumineuse, elles et ils sont invité.e.s à lever les yeux au ciel pour admirer les étoiles. Grâce aux 144 communes du Grand Genève qui éteindront entièrement ou partiellement la lumière jeudi 26 septembre, Saturne et ses anneaux, la Voie lactée ainsi que la galaxie d'Andromède seront à portée de vue. Une expérience sans précédent en Europe.

    Malgré les économies induites grâce aux LED, l’éclairage nocturne a augmenté de plus de 20% dans la région ces 20 dernières années. Or, pour réduire considérablement notre consommation, il existe des mesures simples, peu coûteuses et immédiatement efficaces, sans perte de confort. En Ville de Genève, la marge de progression est importante. C’est pour cette raison que les Verts ont déposé en janvier devant le Conseil municipal une motion demandant à l’Exécutif de diminuer l’intensité et la durée de l’éclairage public, tout en s’assurant du maintien du sentiment de sécurité de la population. Le texte demande aussi d’implémenter la nouvelle norme SIA 491, qui offre une aide importante et concrète pour limiter les émissions inutiles de lumière. L’éclairage dynamique, par détection, constitue une réussite au Sentier des Saules. Il faudra songer à d’autres lieux.

    Si les autorités ont leur rôle à jouer, il s’agira également de sensibiliser le privé à une utilisation rationnelle de la lumière: il reste au plus fort de la nuit trop d’écrans publicitaires dans les vitrines, qui se donnent en spectacle dans des rues désertes.

    En la matière, la France montre l’exemple. Elle applique depuis 2013  l'obligation d'éteindre les enseignes lumineuses et les vitrines entre 1h et 6h du matin. Par ailleurs, de nombreuses communes frontalières - Saint-Julien, Sauverny, Archamps - tirent déjà la prise tout ou partie de la nuit. En Suisse aussi, les communes du Val-de-Ruz éteignent leur éclairage public, sauf sur les passages piétons, de minuit à 4h45. Si Genève reste pour l’heure pauvre en la matière, gageons qu’après avoir regardé vers le ciel, les Genevois.e.s inciteront leurs autorités à davantage d’audace.

    Alfonso Gomez,

    Candidat des Vert.e.s au Conseil administratif de la Ville de Genève et conseiller municipal

     

    PS : Plus d’informations sur www.lanuitestbelle.org

    PSbis : Motion du 15 janvier 2019 de MM. et Mmes Alfonso Gomez, Uzma Khamis Vannini, Omar Azzabi et Marie-Pierre Theubet: «Pour la sauvegarde de la nuit dans la Ville de Genève».

    https://conseil-municipal.geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/detail-objet/objet-cm/1401-176e/